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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 02:50

Publié dans : Mozart (1756-1791)

Così fan tutte ossia La Scuola degli amanti (Ainsi font-elles toutes ou L'Ecole des amants), KV 588 (26 janvier 1790, date de la représentation) 3h02'40 [Même appellation d' "opera-buffa" pour Così fan tutte que pour Les Noces et pour Don Giovanni sur le catalogue personnel de Mozart. L'oeuvre est appelée "Komisches Singspiel"]
Montserrat CABALLE ; Janet BAKER ; Wladimiro GANZAROLLI ; Nicolai GEDDA ; Ileana COTRUBAS ; Richard VAN ALLAN
Orchestra & Chorus of the Royal Opera House, Covent Garden
SIR COLIN DAVIS
Grand Prix National du Disque de l'Académie du disque français 1975
Grammy 1976

Ce sont encore Les Noces que nous retrouvons doublement à l'origine de Così fan tutte. C'est leur reprise à Vienne qui occasionne la commande faite à Mozart d'un nouvel opéra ; et c'est le thème musical qui connotait ces 3 mots des Noces qui fournit le thème principal à l'Ouverture de ce nouvel opéra. Mais rien non plus ne contraste davantage avec tout ce qui sépare Così fan tutte. On sait que le sujet de Così fan tutte a été proposé à Da Ponte et à Mozart par Joseph II lui-même ; de toute évidence, tout en offrant une nouvelle chance à un musicien estimé de lui mais abandonné du public. "Il n'était pas au pouvoir de Mozart de refuser cette commande et le livret lui fut imposé explicitement." Entendons la donnée générale de l'intrigue (l'anecdote mondaine qui aurait eu lieu à Trieste et qui se racontait dans les salons de Vienne) et l'esprit dans lequel il convenait de la traiter. Plus question de la revendication sociale égalitaire qui animait l'action des Noces : Despina seule envie le chocolat de ses maîtresses, bien stylée dans le meilleur style traditionnel de la comédie classique, et tous les autres protagonistes appartiennent au meilleur monde [C'est peut-être la pointe sociale la + forte qu'on puisse trouver dans l'oeuvre : ces aristos sont des pantins et des poupées ? Mais ni le texte ni la musique ne font rien pour appuyer en ce sens] ; d'où la relative lenteur du rythme de l'oeuvre. Plus question enfin de cette fusion intime du tragique et du comique qu'offraient les oeuvres antérieures dans un esprit moderne ; et nous y reviendrons + loin ; Così fan tutte constitue une régression par rapport à Don Giovanni, et même par rapport à La Finta giardiniera ! Mozart se trouve donc ramené à la forme galante de l'opera-buffa le + traditionnel. Il suffit de mesurer la trajectoire de son évolution antérieure, ou surtout de penser qu'il écrira ensuite La Flûte, de toute évidence, on est frappé de l'anachronisme historique de ce retour aux conventions théâtrales les + banales et les + mondaines de l'Ancien Régime [Car des sujets analogues traînaient partout depuis des dizaines d'années. Nous y reviendrons à propos du thème central]. Et c'est sans doute à ce dernier que Mozart s'est trouvé d'emblée le + sensible ; lui qui affecte encore aujourd'hui les jugements de certains nostalgiques qui veulent voir en Così fan tutte l'oeuvre la + "pure" de Mozart. De tels jugements n'effleurent qu'à peine l'oeuvre. Il se serait conduit avec une docilité exemplaire et aurait écrit avec autant d'adresse que d'indifférence au sujet. Mais ici Wolfgang achève sa 34e année : et il a appris à user indifféremment des formes galantes pour exprimer ce qui lui tient à coeur. Ce livret qu'il n'a pu choisir, lui demeure-t-il tout entier odieux ou simplement étranger ? La collaboration n'en est plus au stade du rodage. L'un et l'autre savent bien de quoi la musique de Mozart a besoin, tout est-il si mauvais dans le sujet que daigna suggérer l'auguste dilettante ? Un roué et une soubrette manoeuvrant allégrement les ficelles de 4 pantins. Nous avons précédemment protesté contre toute interprétation sadique du caractère de Don Giovanni, bien sûr. Cette cruauté ne serait pas si bien rendue si elle n'était un des traits fonciers de Mozart lui-même ; tantôt allègre, nous avons eu assez souvent l'occasion d'en dénoter la marque chez lui pour n'y pas revenir. Les meilleurs sentiments n'entrent pas toujours seuls dans la confection de l'oeuvre d'art ; on ne peut nier que quelque chose en lui ne s'y soit senti fort à l'aise. Le dérisoire n'est ni accidentel ni incohérent, et la nature même de l'intrigue renforce la dérision particulière de chaque marionnette en la conditionnant par la dérision des 3 autres. Supposons un instant que l'une des 4 brise le mécanisme (mais nous y reviendrons), et nous tombons dans le sublime ou le tragique. Le succès se trouve donc conditionné par un équilibre d'inconsistances. D'autres convenances + intimes peuvent l'attirer Il suffit de relire les lettres que Wolfgang écrit à sa femme en ce même été 1789 où il met en route le nouvel opéra, touchant la légèreté de sa conduite : l'orchestre met une insistance à détacher chaque syllabe de l'affirmation. Comment Mozart n'aurait-il pas senti que la donnée de Così fan tutte l'obligeait à approfondir une des interrogations les + angoissantes que Don Giovanni l'avait amené à poser : y a-t-il jamais sincérité totale ? Au moment où Don Giovanni veut abuser de la candeur de Zerlina, il lui adresse une déclaration qui respire authentiquement la fraîcheur et la spontanéité du présent pur. Ces marionnettes de Fiordiligi et de Dorabella, elles ont vraiment du chagrin dans leurs petits coeurs, mais en même temps elles jouent le rôle que leur éducation et leurs lectures leur ont appris qu'il était convenable de jouer. Ici, la question atteint une humanité réelle. Quelle sincérité au juste dans le désespoir de Dorabella ? Cette interrogation de la sincérité prend toute sa force ici parce qu'elle rencontre un mythe : celui du déguisement. Chaque art est lié à de certaines conventions que l'époque suivante juge absurdes parce qu'elles correspondaient à la réalité historique d'un moment précis de la culture humaine. C'est aujourd'hui pour nous le comble de l'absurde que de supposer que 2 hommes peuvent se déguiser au point de n'être reconnus et ce durant plusieurs heures, ni par leurs futures belles-soeurs. Faut-il y voir la hantise d'une société sur son déclin, où chacun se demande qui il est et s'il est encore pourvu d'une physionomie identifiable et permanente ? Nous serions tentés de le penser. Mais l'angoisse de l'inconsistance n'est pas seulement propre à une société féodale qui sent venir sa mort. Cette angoisse est liée en même temps au progrès de la connaissance réflexe qui s'effectue dans la Philosophie des Lumières, une telle interrogation se retrouve chez tous les grands penseurs bourgeois du siècle. Elle se fait + vive chez Marivaux, elle atteint à une lucidité supérieure dans les romans et le théâtre de Diderot, d'où elle passera chez Goethe. On s'explique donc sans peine la hantise du déguisement. Mais si Mozart partage avec son temps l'angoisse de l'identité instable ; il en aime le vertige et s'y joue familièrement ; nous avons souvent noté son goût du masque... Et nous avons eu + d'une fois l'occasion de montrer que sa musique instrumentale était foncièrement expressive de l'expérience du devenir en ses métamorphoses fluentes et ses mutations imprévues. Il est sûr que le déguisement hante l'opera-buffa mozartien dès La Finta giardiniera. Il est à sa + grande puissance dans Les Noces ; pourtant, il n'intervient qu'en conclusion entre la Comtesse et Suzanne ; car Figaro reconnaît Suzanne à la voix sous les vêtements de la Comtesse ; le déguisement intervient de façon + épisodique entre Don Giovanni et Leporello. Il n'est pas seulement le noeud même de l'intrigue. Déguisement d'autant + angoissant qu'il ne travestit que des pantins. C'était peu de nous demander qui nous sommes. Così fan tutte se situe en prolongement de Don Giovanni, à cause même de la mince épaisseur de sa donnée. Don Giovanni et Così fan tutte répondent par la même interrogation sur la consistance et la réalité de l'humain. Interrogation tragique tantôt ; interrogation dérisoire à présent. Interrogation qui pourtant n'entraînera pas le désespoir. Car l'initiation maçonnique lui avait déjà donné un embryon de réponse. Nous avons déjà tenté de la dégager. Mourant au vieil homme, l'initié "devient qui il est". Et c'est un initié qui scrute l'incohérence ou la dérision de "l'humain trop humain". La Flûte enchantée apportera sa lumière. Ni la Reine de la Nuit ni Sarastro ne sont qui on pouvait les croire. Pourtant, l'interrogation conserve pour le coeur sa troublante angoisse. Car il n'a jamais été à l'aise dans l'absolu de la dérision. Il a une idée trop vive de sa propre dignité, il a un caractère trop bienveillant et trop affectueux pour s'accomoder d'une donnée qui bafoue atrocement tant de valeurs auxquelles il a toujours tenu : les femmes, l'amour. Les femmes d'abord : il y a quelque chose qui révolte profondément un homme d'aujourd'hui, tant la condition de la femme-esclave y était ordinairement reçue. Nous voyons 2 garçons accepter de tout mettre en oeuvre pour leur faire perdre cette dignité élémentaire. Et nous savons qu'aucune femme d'aujourd'hui ne pourrait accepter la réconciliation finale sans être encore + méprisable. Un homme de l'Ancien Régime ne pouvait le ressentir aussi vivement. Ici, il n'y a pas de rôle seria féminin. Mozart reçoit pour tâche d'exprimer une réalité et des sentiments qui vont à contre-courant de ses tendances foncières. D'où le malaise qu'il éprouve devant le thème qui lui est donné, malaise contre lequel proteste la tendresse du Quintette pour clarinette de septembre 1789. Il est facile d'en suivre la trace dans la partition même de Così fan tutte, mais en ce qu'il stimule Mozart à introduire dans l'oeuvre une dimension nouvelle qui ne semblait pas nécessaire d'abord. Le livret de Così fan tutte comportait 6 personnages ; on peut dire que Mozart en crée un 7e. L'orchestre de Così fan tutte déborde résolument son rôle de soutien ; c'est lui qui devient l'acteur principal et multiforme. Or il faut remarquer que cette originalité esthétique capitale ne se retrouvera pas au même degré dans La Flûte enchantée. De quoi nous parle-t-il ? Ce qu'affirme l'orchestre n'est pas tellement différent de ce qu'exprimera + tard Musset [On remarquera qu'à bien des égards On ne badine pas avec l'amour met en pleine lumière les données tragiques latentes dans Così fan tutte : un mari accepte de parier sur la fidélité de sa femme. Entre Mozart et Musset on pourrait trouver + d'un trait de parenté] : il s'agit encore d'amour, beaucoup + tragique aussi que ces marionnettes ne le savent. Pour transfigurer les pantins de son opéra-bouffe, Wolfgang n'a peut-être qu'à se souvenir de l'ado qu'il était à Mannheim devant Aloysia WEBER... au temps où il découvrait le son tendre et merveilleux de cette clarinette qui commande tout l'orchestre de Così fan tutte comme l'orchestre lui-même en commande les voix. Pourtant la clarinette n'est pas partout présente. A Despina convient la flûte aiguë. Il fallait surtout que l'une des belles résistât + longtemps que l'autre pour piquer l'intérêt. Mais c'est la musique surtout qui oppose les 2 soeurs : dès leur apparition, alors que leurs paroles et leurs cris d'admiration devant les portraits de ces MM. demeurent encore rigoureusement symétriques. L'expansive, l'ardente : en l'écoutant chanter le grand air de son désespoir, nous savons déjà que cette charmante idiote mettra autant de conviction à chanter le grand air de sa capitulation. Tandis que Fiordiligi... Qu'elle est agaçante au début, avec sa sagesse d'oie blanche trop bien élevée ! Le désespoir de Dorabella était déjà très burlesque ? Jusque-là nous restons dans la caricature de l'opera-seria. Et puis, comme elle se transforme ! Elle atteint au déchirement d'Elvira. Et quand elle capitule devant Ferrando, que reste-t-il de sa fierté si irritante ? Mais justement la Fiordiligi que Mozart recrée musicalement ne fait pas du tout comme Dorabella. Avec quelle angoisse elle constate sa défaite : et puis se livre, avec une ligne mélodique nue : "fa di me quel che ti par". La musique seule ici vient de réussir à faire naître de la poupée une femme nouveau-née dont la voix simple et pure animera le toast en canon du banquet final. Une nouvelle tendresse. Et une nouvelle douleur (rappelons qu'au dos du 1er jet de ce toast Mozart esquisse le début d'un Quatuor en sol mineur). Car en apparence seulement Così fan tutte marque un retour vers l'opera-buffa galant avec exclusion du tragique. Mais l'oeuvre ne comporte pas un tragique moins profond que les précédentes. Le livret ne nous dit pas un mot des raisons pour lesquelles Dorabella s'était promise à Ferrando, mais nous pouvons bien nous douter qu'elles s'étaient engagées en aveugles. A la faveur du jeu ; il se forme 2 nouveaux couples. Ce chassé-croisé était rendu nécessaire pour l'animation de l'intrigue [Et il s'imposait pour que l'épreuve soit concluante, les pseudo-Albanais ne s'adressent jamais que collectivement à leurs belles, au début de l'Acte II, Dorabella et Fiordiligi jettent leur dévolu respectif chacune sur un soupirant. C'est le seul moment où elles ont une initiative qui fasse avancer l'action]. Mais il pouvait ne pas revêtir une grande signification affective. Fat, emporté, Guglielmo était fait pour s'entendre avec Dorabella [Guglielmo n'a pas une seule inflexion de tendresse. Et Dorabella n'en a pas besoin pour faire parler sa sensualité : Guglielmo sait comment la prendre. Et Dorabella intéresse Guglielmo + que Fiordiligi ; ce qui est d'une insultante grossièreté envers sa fiancée Fiordiligi qui lui est demeurée jusqu'à présent fidèle]. Passionné, Ferrando était uni à Fiordiligi depuis le début par un signe + fort que le lien conjugal. L'orchestre seul l'avait prophétisé dès le début. D'où le + grand tragique de Così fan tutte : cette maldonne que le jeu avait réparée se rétablit sitôt que le jeu cesse [Ici la différence d'évolution dans une même donnée humaine se fait clairement sentir entre le XVIIIe siècle et le XXIe. Par 2 fois le ciné vient de nous présenter une situation un peu analogue. Ce n'est plus à la faveur du jeu et du déguisement qu'un faux couple se défait et un vrai couple se trouve. Mais le vrai couple qui s'est trouvé dans la lumière nocturne ne s'annule pas dès les 1er feux du jour. Le cas est + typique encore dans Les Amants]. Fiordiligi était devenue femme ; c'est de nouveau une poupée qui jure à Guglielmo une éternelle fidélité. Le Paradis des êtres vraiment humains est perdu. Et c'est la meilleure qui est promise au pire tragique. Nous ne savons si Ferrando regrettera longtemps Fiordiligi. Mais nous avons entendu Guglielmo insulter Fiordiligi ; nous pouvons deviner quel Enfer il prépare à sa femme pour venger sa vanité blessée. Et finalement : Guglielmo deviendra-t-il Almaviva... ou Alfonso ? Ce n'était pas pour rien que Fiordiligi avait déjà certains accents de la Comtesse et d'Elvira. Telle nous semble être la signification esthétique profonde de Così fan tutte, tant son sens proprement musical approfondit et transforme sa donnée 1er. Nous ferons simplement remarquer 2 coïncidences. Sur la fin, apparaît à l'orchestre un thème d'allure très maçonnique. Et le thème du toast provient de l'intermède central du finale du Concerto pour piano en mi bémol majeur et se retrouve dans l'Adagio maçonnique. Simples coïncidences ? Ou avertissement donné dès le début que toute cette absurdité a quand même un sens ? Nous pencherions plutôt pour la 2e hypothèse. L'association musicale est facile à saisir. Et il se pourrait que Mozart ait voulu maintenir qu'on pouvait participer au banquet de la tendresse humaine. Les allusions maçonniques de Così fan tutte répondraient à l'élan du Quintette pour clarinette et annonceraient clairement La Flûte.

Ouvertura en ut majeur [Ecrite sans doute après le reste de la partition, mais à une date que nous ignorons. L'orchestre fait entendre la citation explicite de la conclusion de la cavatine d'Alfonso] 4'28
ACTE I 1h25'47
Scène 1 7'36
N° 1 Terzetto 1'53
2 jeunes officiers protestent de la fidélité de leurs fiancées (Dorabella [Janet BAKER] est la fiancée de Ferrando [Nicolai GEDDA]) et se considèrent comme insultés parce que leur vieil ami soutient que toutes les femmes sont volages sans exception.
[Alphonso (Richard VAN ALLAN) refuse de se battre en duel et maintient ses dires pour toute femme qui n'est pas une déesse (nous plaçons dans notre analyse les passages de recitativo secco entre crochets).]
N° 2 Terzetto 1'07
Une femme fidèle est comme le phénix d'Arabie. Les 2 jeunes gens continuent d'affirmer que leurs fiancées font exception.
[Alfonso leur propose un pari sur une grosse somme ; sur leur parole d'officiers, il s'engage à leur prouver dans les 24h que leurs fiancées sont comme toutes les autres. Tope-là. Ferrando et Guglielmo (Wladimiro GANZAROLLI) se croient déjà vainqueurs ?]
N° 3 Terzetto 2'15
Ferrando se promet d'offrir une sérénade à sa belle, et Guglielmo, moins lyrique, d'offrir à la sienne un festin, où Alfonso sera généreusement convié.
Scène 2 5'24
N° 4 Duetto 4'33
Les 2 soeurs contemplent tendrement les portraits de leurs fiancés respectifs.
Scène 3 1'51
[Arrive Alfonso ; qu'y a-t-il donc ?]
N° 5 Aria 0'36
Alfonso s'exclame confusément sur les coups du destin.
Scène 4 7'12
[Ces demoiselles demandent aussitôt s'il est arrivé malheur à leurs fiancés. Presque : ils doivent partir en guerre sur-le-champ. Les voici.]
N° 6 Quintetto 4'33
Les jeunes filles supplient leur amants de les tuer tout de suite. Les jeunes gens sont émus. Alfonso ricane. Tout le monde en choeur maudit le destin.
[Vaines tentatives de consolation.]
N° 7 Duettino 1'18
Ferrando et Guglielmo invoquent l'Amour en choeur et promettent un heureux retour.
Scène 5 4'54
[Le bateau qui doit les emmener approche.]
N° 8 Coro 1'33
Des soldats qui célèbrent les périls et les joies de leur profession.
[Alfonso presse le départ. Embrassements.]
N° 9 Quintetto & Coro 2'49
Les fiancés promettent d'écrire souvent, tandis qu'Alfonso se retient à peine d'éclater de rire.
[Le bateau s'éloigne. Reprise du Choeur n° 8. Fiordiligi (Montserrat CABALLE) souhaite aux partants un heureux voyage.]
Scène 6 3'48
N° 10 Terzettino 3'02
Fiordiligi, Dorabella et Alfonso implorent le vent.
Scène 7 1'06
[Resté seul, Alfonso se moque de la candeur des autres, puis chante son mépris des femmes ; croire en leur coeur fidèle, c'est labourer la mer ou semer sur le sable.]
Scène 8 2'16
[Despina (Ileana COTRUBAS) prépare leur chocolat. Elles arrivent.]
Scène 9 8'32
N° 11 Aria [Pour l'exécution de Così fan tutte à Dresde, le livret a été traduit en allemand. Or il existe une nouvelle version de l'aria Smanie implacabili sur les paroles allemandes. Version au pathétique + accentué encore : la musique de Mozart pousse davantage la vigueur de ses expressions] 2'05
Dorabella clame son dégoût de la vie.
[Despina se fait expliquer la situation et scandalise ses maîtresses en leur disant qu'elles en retrouveront tant qu'elles en voudront.]
N° 12 Aria 2'45
Tous les hommes se valent dans leur infidélité comme dans leur mépris des femmes.
Scène 10 2'25
[Toutes 3 se retirent. Entre Alfonso qui appelle Despina et lui donne de l'argent. Elle accepte bien volontiers.]
Scène 11 14'45
N° 13 Sestetto 4'25
Alfonso fait entrer les 2 jeunes gens. Despina les trouve ridicules à souhait. Alfonso se cache comme arrivent les jeunes filles. Elles sont furieuses que Despina ait laissé entrer des hommes.
[Alfonso revient, mais ils s'obstinent à parler d'amour.]
N° 14 Aria 4'09
Fiordiligi chante un grand air de bravoure pour attester la fidélité inébranlable des 2 fiancées. Elles n'aimeront jamais qu'un seul homme.
[Nouvelle intervention d'Alfonso.]
N° 15 Aria 1'39
Guglielmo fait l'éloge physique de son compagnon et de lui-même : de beaux nez, oh, de belles moustaches viriles
[Mozart avait d'abord composé pour cet endroit une autre aria sur d'autres paroles : en majeur. Les paroles étaient beaucoup + crues, le morceau beaucoup + long. Mozart a retiré cette aria, il l'a remplacée par l'aria de proportions + modestes : et il a noté l'aria primitive sur son catalogue au mois de décembre 1789]
!
Scène 12 6'35
N° 16 Terzetto 0'49
Les jeunes filles ont pris la fuite. Les 2 fiancés s'esclaffent. Alfonso condescend à s'associer à leur joie...
[... mais leur rappelle que le délai n'est pas encore écoulé. Guglielmo a envie de manger.]
N° 17 Aria 4'46
Ferrando ne veut poétiquement se nourrir que d'amour.
Scène 13 2'14
[Alfonso appelle Despina et combine avec elle un nouveau plan que Despina se charge de mener à bien.]
N° 18 Finale I 18'45
Scène 14 2'58
Fiordiligi et Dorabella se lamentent en choeur sur le départ de leurs amants.
Scène 15 5'20
Arrivent en courant les 2 Albanais. Ils avalent le contenu d'une fiole. Celles-ci épouvantées appellent Despina qui accourt. Les jeunes filles restent. Fiordiligi pense qu'elles doivent les secourir par humanité ; elles leur tâtent le pouls et s'apitoient sur eux comme sur des mourants.
Scène 16 10'27
Revient Alfonso. Les Albanais se relèvent. Fiordiligi et Dorabella ne trouvent pas ça très convenable. Ferrando et Guglielmo leur demandent un baiser.
ACTE II 1h32'25
Scène 1 6'14
[Despina joue le rôle du serpent tentateur ; elle explique à Fiordiligi et à Dorabella qu'elles peuvent bien se divertir un peu sans manquer de fidélité à leurs fiancés, et que de revoir leurs soupirants albanais ne tire pas à conséquence.]
N° 19 Aria 3'33
Despina exalte à ses maîtresses les pouvoirs et les plaisirs d'une coquetterie de bon ton.
Scène 2 4'36
[Les 2 soeurs sont ébranlées ; elles flirteront donc un peu.]
N° 20 Duetto 3'01
Chacune choisit celui qu'elle trouve le + séduisant. Dorabella jette son dévolu sur le brun (fiancé de Fiordiligi). Elles se promettent bien du plaisir à les faire marcher.
Scène 3 0'19
[Alfonso accourt pour inviter ces demoiselles à passer au jardin où une surprise les attend.]
Scène 4 6'45
N° 21 Duetto con Coro 3'11
Ferrando et Guglielmo donnent aux jeunes filles une sérénade avec musiciens et chanteurs dans une barque... et prient la brise de transmettre leurs sentiments.
[Les couples demeurent face à face.]
N° 22 Quartetto 2'40
Alfonso déclare qu'ils s'excusent de leur conduite passée ; Despina déclare que le passé est oublié. Alfonso et Despina s'en vont.
Scène 5 7'
[Les couples se forment. On échange des phrases banales. Ferrando et Fiordiligi s'éloignent pour un tour de jardin. Guglielmo fait sa cour à Dorabella.]
N° 23 Duetto 4'31
Ils marivaudent sur l'échange de leurs coeurs. Dorabella se laisse dépouiller par Guglielmo d'un portrait de Ferrando qu'elle avait au cou. Ils chantent leur joie et s'éloignent enlacés.
Scène 6 6'01
N° 24 Aria 4'08
Fiordiligi tente de fuir son cavalier. Ferrando la poursuit. Il chante à la fois sa joie de la tendresse qu'il a lue dans ce regard et sa souffrance du refus qu'on lui oppose (c'est cette aria de Ferrando que Mozart a notée d'abord comme idée d'un finale pour le quintette Stadler, puis écartée). Il s'en va.
Scène 7 9'13
N° 25 Rondò 7'39
Elle s'avoue qu'elle brûle d'un nouvel et coupable amour. Elle évoque son fiancé, jure de se ressaisir et de lui rendre fidélité pour fidélité. Elle s'en va.
Scène 8 7'08
[Ferrando et Guglielmo se retrouvent et échangent leurs infos. Désespoir de Ferrando.]
N° 26 Aria 3'06
Guglielmo empêche son ami de se livrer à des actes extrêmes et chante pour le consoler son mépris de l'infidélité des femmes.
Scène 9 4'39
N° 27 Cavatina 2'02
Ferrando maudit Alfonso, et s'avoue qu'il aime encore l'infidèle Dorabella.
[Guglielmo attribue à son propre mérite la fidélité de Fiordiligi et l'infidélité de Dorabella. Alfonso lui rappelle que la journée n'est pas encore finie.]
Scène 10 6'20
[Dans la maison de ces demoiselles ; survient Fiordiligi éplorée. Dorabella lui conseille de faire comme elle.]
N° 28 Aria 3'28
On ne peut résister à l'amour ni à ses caprices, + il devient cruel.
Scène 11 1'44
[Fiordiligi, restée seule (mais observée d'une chambre voisine, à son insu, par les 3 hommes) est + décidée que jamais à lutter. Elle prend la résolution de se déguiser sous un uniforme de son fiancé et d'aller le rejoindre à la guerre pour mieux fuir la tentation.]
Scène 12 7'02
N° 29 Duetto 6'14
Ferrando fait irruption et la supplie de le tuer auparavant. Elle chancelle, puis s'avoue vaincue et se rend. Ils chantent leur amour en choeur et s'éloignent enlacés.
Scène 13 3'05
[Guglielmo est hors de lui. Ferrando le raille un peu. Alfonso tente de le calmer et explique aux jeunes gens que c'est maintenant qu'ils sont mûrs pour le mariage.]
N° 30 Andante 1'04
Alfonso reprend victorieusement sa leçon de cynisme misogyne et conclut : conclusion que les jeunes gens reprennent en choeur.
Scène 14 0'35
[Despina vient annoncer que ses maîtresses ont décidé de tout préparer sur-le-champ pour épouser les seigneurs albanais.]
N° 31 Finale II 21'37
Scène 15 1'53
Despina, Alfonso et le choeur des serviteurs préparent une salle pour le festin nuptial.
Scène 16 6'37
Les 2 couples arrivent, prennent place à table et se complimentent. Fiordiligi entonne un toast pour souhaiter à tous le bonheur dans l'oubli du passé. Guglielmo s'y joint pour exprimer à part lui sa mauvaise humeur et souhaiter la mort des autres.
Scène 17 3'29
C'est Despina qui donne lecture du contrat et le fait signer par les intéressés. Alfonso va voir et annonce que les fiancés reviennent. On cache les Albanais dans une pièce voisine et le notaire dans une autre. Puis Alfonso essaie de rassurer les jeunes filles terrifiées.
Scène 18 9'39
Ferrando et Guglielmo rentrent ; le Roi les renvoie dans leurs foyers. Ils sont accueillis avec embarras. Guglielmo ouvre une porte : Despina se fait reconnaître et prétend revenir d'un bal masqué. Mais soulagement des jeunes filles. Fiordiligi et Dorabella accusent Alfonso et Despina de les avoir induites en tentation ; Alfonso invite les jeunes gens à aller voir dans la pièce où sont cachés les Albanais. Les jeunes filles sont + mortes que vives. Les fiancés sortent de la pièce voisine. Ferrando s'incline ironiquement devant Fiordiligi. La moins stupéfaite n'est pas Despina. Alfonso conclut que tout est bien qui finit bien. Fiordiligi et Dorabella promettent une fidélité exemplaire à l'avenir. Ferrando et Guglielmo l'acceptent avec septicisme. Et tout le monde entonne en choeur quelques bonnes vieilles vérités de la sagesse des nations sur la résignation dans le cocuage...


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