La Citadelle est la + importante fortification construite au Canada sous le
Régime anglais. La construction de l'enceinte extérieure s'est effectuée selon un plan polygonal à 4 angles.
Histoire
Formation du 22e
Bataillon (1914-1918)
Contexte
historique
L’entrée en guerre de la GB décida de la participation canadienne au conflit. Le Gouvernement ordonna la formation d’un contingent de volontaires et désigna le camp Valcartier comme lieu de
mobilisation.
Or, nous ne retrouvions que 1245 volontaires canadiens-français. Ces francophones avaient été répartis au sein des unités de langue anglaise composées en grande partie de ressortissants
britanniques. Le ministre Sam HUGHES avait écarté du contingent les officiers supérieurs francophones. Ce contingent devint la 1er Force canadienne à être mise sur pied.
L’anglais était la langue de commandement et il n’y avait que très peu d’officiers canadiens-français de la force permanente issus du Collège militaire royal de Kingston. On retrouvait les
13e et 14e Bataillons composés notamment du Carabiniers de Mt-Royal et de la Field Artillery Battery.
Les capitaines Hercule BARRE et Émile RANGER du 65e Régiment cherchèrent bien à former un bataillon exclusivement canadien-français et ils durent se contenter de former 2 cies
d’infanterie dans le 14e Bataillon. D’autres francophones ont été dispersés au sein du 13e Bataillon.
Et le 1er contingent comportait 17 bataillons d’infanterie. Hughes ne voyait pas la nécessité de créer une unité francophone pour attirer ces derniers. "Tout mortifiait l’amour propre
canadien-français. Sam HUGHES avait écarté du contingent les officiers supérieurs de race française membre de l’armée permanente".
Une délégation de politiciens fédéraux et provinciaux, sous le leadership du Dr. Arthur MIGNAULT, constateront que l’unité nationale est reliée entre autres à l’intégration des
Canadiens français au sein de l’armée permanente et à la formation d’un bataillon exclusivement canadien-français.
Laurier persiste à croire que la formation d’une unité canadienne-française connaîtrait un franc succès au sein de la population francophone. La proposition est retenue et le Gouvernement donne
officiellement son accord le 20 octobre.
Le 22e Bataillon sera désigné unité francophone tout simplement parce qu’il fut le 22e bataillon d’infanterie autorisé pour le Corps expéditionnaire canadien (CEC). Sa véritable
dénomination était le 22nd Infantry
Bataillon.
Le 22e Bataillon fait son entrée officielle au sein de l’institution militaire. L’entraînement de l’unité s’effectue à St-Jean/Richelieu. Le manque d’espace pour
l’entraînement et l’attrait de la grande ville de Montréal amènent le colonel F.-X. GAUDET à demander à plusieurs reprises le transfert de son unité vers un site + approprié pour parfaire son
entraînement. L’abbé Doyon suite à la bénédiction des drapeaux : "... Il s’agit surtout d’une question d’existence nationale : il s’agit d’une question de vie ou de mort comme entité
nationale".
L’unité recevait un accueil des + glacials de la part de la population. Les membres de l’unité ne devaient pas s’attendre à ce que les citoyens de la ville les acclament. Le 22e
Bataillon ne tarda à s’impliquer activement au sein de la communauté.
Conséquemment, cette même population lui offrit le + vibrant salut. D’ailleurs, un soldat de la 1er heure au sein du 22e Bataillon : "... Amherts restera toujours au cœur des
Canadiens-français la ville fleurie de délicatesse et parfumée d’hospitalité".
Au
front
Le 22e Bataillon monte aux tranchées pour la 1er fois.
Le 22e Bataillon occupera les tranchées dans les Flandres, c’est principalement la guerre de tranchées et plusieurs raids qui seront menés. C’est toujours au cours de cette
période que l’unité aura à subir sa 1er attaque au gaz, prélude d’une offensive allemande imminente. Cette dernière sera un échec et ces derniers devront renoncer à la poursuivre et à se
replier.
Tremblay a été le leader et l’inspirateur du 22e Bataillon. Il écrivit dans son journal : "... Mon bataillon représente toute une race... Mes actes seront guidés par cette belle devise."
À
Flers-Courcelette, le 22e Bataillon prit part à sa 1er attaque d’envergure au niveau du corps d’armée. Tremblay était fier de la caractéristique qui distinguait l’unicité de son
bataillon. Il était déterminé à prouver la vaillance et la haute distinction de ses hommes. Il avertit ses hommes que : "... nous allons le prendre, nous allons le garder jusqu’au dernier homme. Il faut qu’elle soit un succès pour
l’honneur de tous les Canadiens-français que nous représentons en France."
Cette attaque est couronnée de succès. La majorité des journaux du Monde entier rendirent hommage à la bravoure
canadienne-française.
Le 22e Bataillon eut à mener 2 types de combat : contre l’ennemi allemand et obtenir la reconnaissance de sa vaillance et le respect de
tous.
Tremblay et ses hommes eurent à se
battre afin de faire reconnaître la valeur et la caractéristique du 22e Bataillon. Lors de la bataille d’Amiens le 5 août 1918, Tremblay mécontent de la mission attribuée se rendit
voir le commandant de brigade. "...Je fais remarquer que
mon bataillon a été choisi pour attaquer seulement dans les conditions les + difficiles alors que les chances de réussir étaient petites."
Les
Honneurs
16 bataillons seront identifiés exclusivement pour les canadiens-français dont le 22e Bataillon. Ce dernier sera la seule unité canadienne-française à combattre au front au cours de toute la
durée du conflit.
Sous-officiers et soldats du 22e Bataillon ont constamment été déterminés à défendre l’honneur de l’unité et de la collectivité qu’ils représentaient. Un total de 352 décorations dont
2 Croix Victoria décernées au caporal Joseph KAEBLE en juin 1918 et au lieutenant Jean BRILLANT en août de la même année.
Les faits d’armes au crédit du 22e Bataillon au cours de la Ier Guerre mondiale furent nombreux et glorieux. Le 22e se voit accorder 18 honneurs de batailles. Ces honneurs
sont : SOMME 1916-1918, Thiepval, VIMY 1917, Scarpe 1917-1918, YPRES 1917, ARRAS 1917-1918, ligne Hindenburg, CAMBRAI
1918, et Poursuite de Mons.
Le règlement veut que seulement 10 de ces honneurs soient inscrits dans les plis du drapeau régimentaire. Ils sont identifiés ici en lettres majuscules grasses.
Sous-officiers et officiers du 22e Bataillon ont dû payer les taxes de souffrances.
L'Entre 2 guerres
(1920-1939)
"Peu à peu le silence se rétablira autour de son nom. Il deviendra dans la suite des temps quelque chose comme le souvenir d’un lointain pèlerinage qui eut une heure de
célébrité."
Retour au
pays
Le 19 mai 1919, le 22e Bataillon revient au Québec où la population des villes l'accueille chaleureusement. La Ville de Québec accordera 4000 $ pour l’organisation et la conduite
des festivités d’accueil. Le Bataillon se rend à Montréal où il est l'objet d'une autre réception enthousiaste.
Le gouvernement canadien impose une réorganisation complète de son armée. Il lui fallut mesurer ses besoins. Il nommera le major-général Sir William OTTER, la réactivation du 22e
Bataillon ne figurait sur aucun plan de réorganisation.
Cette Commission spéciale Otter effectue une tournée pan-canadienne et prête l’oreille à tous les intervenants qui veulent bien la rencontrer. Le Conseil de Ville de Québec et le Gouvernement
provincial décidèrent de témoigner et de participer activement aux travaux de la Commission.
Le Conseil de Ville de Québec soumit un mémoire et témoigna à la Commission Otter afin de demander l'intégration du 22e Bataillon au sein de la milice permanente et que cette unité
soit postée à Québec.
La Commission Otter ne
pouvait pas reléguer aux oubliettes ces requêtes. La Commission recommanda la réactivation du 22e Bataillon. Cette réactivation comportait un prix pour la communauté militaire
anglophone. En effet, le gouvernement canadien coupe l’effectif d’une cie au sein du Royal Canadian Regiment (RCR) et d’un escadron au sein du Royal Canadian Dragoons (RCD).
L’Ordre général n° 37 promulgue l’existence du "22nd Regiment" de la Force permanente de la Milice active du Canada. Cette décision autorise le recrutement d’un état-major et de 2 cies.
L’une d’elle sera licenciée 3 ans + tard lors de la réduction des effectifs. Encore fallait-il trouver une garnison pour loger cette unité nouvellement réintégrée. Le Gouvernement
s’empresse de déménager les artilleurs de la Citadelle vers Kingston et d’y emménager le 22e le 22 mai 1920. Il est à noter que ces artilleurs canadiens occupaient la Citadelle depuis
1871.
Le 1er commandant du Régiment sera le lieutenant-colonel Henri CHASSE, il aura le SMR Wenceslas BILODEAU. Ce sous-officier hors pair assumera sa fonction de sergent-major régimentaire (SMR) du
Royal 22e Régiment de 1920 à 1939.
Le Régiment recrutera 863 soldats. Être membre du Régiment constituait en quelque sorte un genre de sacerdoce.
Il faut noter que le 22e Régiment est le pur produit de la tradition du système régimentaire britannique voulant que chaque régiment soit en quelque sorte une famille.
L'Entraînement et les
opérations du Régiment
Le Régiment dirige sa 1er école de formation militaire.
L’entraînement estival s’effectuera au camp Lauzon, cet entraînement se déroula à Petawawa et de 1930 à 1939, c’est de nouveau dans la région de Québec. En effet,
l’ensemble des unités de la force permanente du Canada s’entraîneront en Ontario. Il s’agissait du 1er regroupement de ce genre depuis la Ier Guerre mondiale.
En juin 1921, le Régiment est appelé à assurer la sécurité de la ville.
Le Régiment se déploie à Sydney afin d’assurer la sécurité des installations minières de la Dominion Coal Mine. De retour à Québec, le Régiment y retournera de nouveau en juin 1923
ainsi qu’en juin 1925, toujours sous le même scénario de grève.
L'Ancrage des coutumes
et traditions
Cette période dite de grande paix permet au Régiment d’établir son assise patrimoniale.
C’est la 1er commémoration du Jour du Souvenir au cénotaphe de Québec (la Croix du Sacrifice). Le commandant dépose une couronne de fleurs au nom du Régiment.
L’Ordre général n° 149 reconnaît de façon particulière les nombreux faits d’armes et les excellents états de service des membres du 22e Bataillon. Cet ordre confirmait qu’il avait
"plu à SM le Roi d’accorder le titre Royal au 22e Régiment" attribuant au Régiment l’appellation "Royal 22nd Regiment". Le nom sera francisé le 15 juin 1928.
Le maréchal Foch signe une lettre d’acceptation du titre honorifique de colonel du Régiment. Cette acceptation eut pour effet de renforcer l’identité et l’unicité de l’unité. Le maréchal Fayolle
représentera ce dernier à Québec et remettra un nouveau drapeau régimentaire.
Le Régiment reçoit du QG de la milice son 1er drapeau royal.

C’est l’affiliation avec le Royal Welch Fusiliers. Ce Régiment existe depuis 1689.
C’est le début des cérémonies de la Relève de la Garde. C’est le port de la tenue de l’infanterie britannique de 1er ligne, cet uniforme est complété par un casque colonial blanc à pointe de
cuivre.
Le Régiment se voit attribuer officiellement ses 18 honneurs de batailles le 15 septembre 1929.
Le Régiment ne se lassera pas de tisser des liens d’amitiés avec la population de Québec, avec la communauté des gens d’affaires et avec la communauté politique.
Les années d’euphorie industrielle des années 1920 ont vite été éclipsées par la grande dépression des années 1930. Cette crise économique mondiale a eu un impact direct sur l’entraînement.
Il fut même un temps où le Régiment ne comportait qu’une seule cie d’infanterie. Nul ne se souciait réellement de ce qui pouvait se tramer à l’extérieur du pays. À tel point que la force
permanente du pays comptait uniquement 3000 militaires. Il dispose uniquement de 135 masques à gaz et de 3 camions. Le Canada n’est pas prêt. Pourtant une partie d’échec impitoyable se jouait en
Europe.
La IIe Guerre mondiale
(1939-1945)
La Milice active permanente comptait 3688 militaires de tous grades en regard de l’effectif de 6925 prévu pour le temps de paix. L’effectif n’avait guère + évolué et comportait 4261 hommes
de tous grades.
La situation internationale se détériora à un point tel que la GB déclare la guerre à l’Allemagne nazie et le Canada fait de même le 10 septembre.
C'est la période des congés annuels. Le Régiment qui se voyait dans l'obligation de recruter afin d'atteindre l'effectif autorisé de 900 hommes. L'entraînement des recrues se fait à la
Citadelle de Québec. Le Régiment devient une unité de la 1er Division canadienne au sein de la 3e Brigade et part pour l'Angleterre le 9 décembre 1939 à bord du SS Aquitania
avec un effectif de 800 hommes.
Le 14 octobre 1939, 2 sous-marins allemands sont aperçus dans les eaux du fleuve St-Laurent se dirigeant vers Québec. L’heure d’arrivée à Québec est estimée vers minuit. Il n’existe aucune
défense côtière et encore moins une défense anti sous-marine. Les sous-marins ne seront pas repérés de nouveau et la chasse se termine dans l’après-midi du 15. Cet exemple sert à démontrer que
leurs défenses étaient inadéquates en 1939 et que leurs forces militaires n’étaient pas préparées pour ce scénario.
En Angleterre, le Régiment jouera un rôle défensif tout en s’entraînant inlassablement afin d’être en mesure d’assumer son rôle offensif et significatif. Il assurera principalement la
protection des côtes anglaises. Il effectuera des manœuvres de désinformations.
En effet, le Régiment reçoit la nouvelle qu'il a été choisi pour monter la garde au Palais de Buckingham et de St-James du 12 au 21 avril. 6 officiers et 80 soldats et sous-officiers seront
affectés et c’est la 1er fois qu'une unité n'appartenant pas à l'armée anglaise était appelée à remplir cette fonction. On entendra aussi pour la 1er fois la consigne transmise à la garde du Roi
en français.
L’attente est terminée ! Voici que se présentait aux gars du "22e" le moment tant attendu de participer à cette guerre. Le Régiment participe au débarquement et à l'invasion de la
Sicile le 10 juillet 1943.
Par contre, le navire marchand MS Devis qui transporte une partie de la logistique du Régiment ainsi que 21 de ses membres est torpillé et coule en moins de 20'.
Le Régiment faisait partie d'un des éléments de réserve de la 1re Division canadienne et ce n'est que vers 8h que les 1er éléments de tête du Régiment débarquèrent sur les plages
de Pachino. La conquête du littoral aux environs de Pachino s'est faite avec une rapidité imprévue et le Régiment se trouve déjà à 6,5 km à l'intérieur des terres. Les circonstances forcèrent le
"22e" à prendre une part + importante que le prévoyait le plan initial et il connu sa 1er bataille de la IIe Guerre mondiale, dite du "Fer à cheval" qui fit 7 morts et 24 blessés, cela
ne constituera pas son seul sacrifice.
La conquête de la Sicile nécessita 38 jours d'âpres combats et se termina le 17 août par l'entrée des Alliées dans Messine. Le Royal 22e Régiment a été largement impliqué au cours de
cette conquête. Pensons aux batailles suivantes : Adrano et Catenanuova.
Les gars du Régiment firent preuve d’une grande bravoure au cours de leurs 1er combats de la IIe Guerre mondiale au cours de la campagne de Sicile.
"Mais elles devaient aussi coûter la vie au
commandant de la cie A le capitaine Léo BOUCHARD de Rivière-du-Loup, le lieutenant Pierre POTVIN mérita lui aussi une Croix Militaire pour avoir pris d’assaut une position de peloton ennemi qui
stoppait l’avance du Bataillon. 2 de nos canons antichars étaient pris sous le feu ennemi avec leurs équipages. Nos 2 héros s’élancent sur la route balayée par la mitraille et sauvent leurs
canons et leurs équipages… Tous 2 furent décorés pour leur bravoure".
Les Allemands mirent en oeuvre un plan minutieusement élaboré selon lequel toutes les unités allemandes disponibles
entrèrent simultanément en action et procédèrent à l'organisation de la défense du territoire italien contre les Alliés. Or, le Régiment embarquait dans les péniches pour participer à l'invasion
de l'Italie.
Dès 7h, le Régiment débarque et il occupe Reggio. Les jours et les mois suivirent avec la capture de Potenza, Gambatesa et avec la prise de la jonction des routes San Vito
Grande/Orsogna-Ortona.
La 1re et la 2e Brigades subissent tour à tour des échecs dans leurs tentatives de prendre cette jonction de routes. Le commandant de la 1re Division
décide donc d’engager sa 3e Brigade qui se trouvait en réserve. La 3e Brigade tente sans succès de prendre l’objectif avec le Carleton and York Regiment et le
West Nova Scotia Regiment. Le 22e sera donc le dernier espoir de la 1re Division pour capturer l’objectif.
La prise de cette jonction était essentielle car elle ouvrait la route vers Ortonna et incidemment vers Rome. La Casa Berardi se trouvait près de cette jonction de routes.
La prise de Casa Berardi permettait la capture de l'embranchement principal de la route menant vers Ortonna. La cie C du Royal 22e Régiment assaille furieusement le point fortifié de
Casa Berardi. Il ne lui reste que 17 hommes et 3 chars qui continuent d'avancer vers l'objectif. Le Régiment se couvre de gloire. Les hommes ont fait preuve d'un courage magnifique et d'un
sang-froid incomparable. Il y a eu 23 tués et 107 blessés.
Oui ! Il faut en parler du courage de ces hommes face aux dangers ! Qui font leur devoir au mépris de leurs vies. Le peloton du soldat Leblanc avançait vers son objectif à travers les défenses
ennemies lorsqu'il se trouva directement dans la ligne de tir d'un poste de mitrailleuses. Chaque minute perdue signifiait davantage de victimes et risquait de compromettre le succès de
l'opération, il chargea la position ennemie et captura sans aide le poste de mitrailleuses tout en disposant dûment de ceux qui l'occupaient. Le soldat Leblanc permit à son peloton de poursuivre
son avance. Le courage et le dévouement de ce soldat furent une source d'inspiration pour tous ses frères d'armes.
La Campagne d’Italie continue et le Régiment verra un bon nombre de ses membres s'illustrer sur les champs de batailles de ce pays. La liste des morts s'allongera de + en +.
Le lieutenant-colonel Jean V. ALLARD prend officiellement le commandement du Régiment.
Année 1944. Donc, le Régiment est en réserve pour les 2 1er semaines de janvier 1944. Du congé sera accordé aux membres ainsi que des cours de tactiques aux nouveaux caporaux ainsi qu’aux
renforts.
Le Régiment aura à mener quelques raids et patrouilles. Parlons du caporal Hébert qui subit les + graves blessures qu’un membre du Régiment ait eu au cours de cette guerre. Il subit ses blessures
lors du réapprovisionnement des avant-postes BLUEBIRD. En effet, il perdit ses 2 bras et ses 2 jambes.
Le Régiment combattra sur la ligne GUSTAV. La ligne HITLER tombera le 25 mai.
Le Régiment aura l’occasion de se rendre à Rome afin d’obtenir une rencontre privée avec le Pape Pie XII.
Le Régiment combattra sur la ligne GOTHIQUE soit, Passage Lamone, San Martino-San Lorenzo. À noter que l’effort principal des Alliés n’est plus l’Italie mais bien la France.
Le Royal 22e Régiment débarque dans le port de Marseille. Les gars du "22e" firent un voyage secret et silencieux puisqu'ils avaient reçu l'ordre de ne pas parler leur
langue avec les Français rencontrés en cours de route. Puis, ils se retrouvent sur les bords de l'Yssel. Le Régiment participa alors aux dernières opérations de la IIe Guerre mondiale en
Europe.
Le corps principal du Régiment rentra d'Europe les 2 et 3 octobre 1945 et fut démobilisé à Montréal le 1er mars 1946.
Le corps principal du Régiment et le 2e Bataillon sont dissous pour devenir le Royal 22e Régiment. Il reprend possession de la Citadelle le 23 août 1946 alors qu'un
détachement est envoyé à St-Jean/Richelieu pour y occuper les casernes jusqu'en juillet 1950. La Force intérimaire est dissoute le 1er octobre 1946 et le Royal
22e Régiment devient une des unités qui constituent la Force régulière.
Le Régiment se voit attribuer officiellement ses 25 honneurs de batailles qu'il avait dignement mérités de porter à la suite des combats célèbres menés au cours de cette guerre.
Le Régiment eut à choisir 10 de ces honneurs parmi les 25 qui lui ont été attribués afin qu’ils puissent figurer sur les plis du drapeau régimentaire.
Débarquement en Sicile, Adrano, Sicile 1943, Potenzo, Casa Berardi, Cassino II, Vallée de la Liri, Ligne Gothique, Passage Lamone, San Martino-San Lorenzo, Cesena, Appeldoorn et NO de l’Europe
1945.
Les faits d'armes au crédit du Royal 22e Régiment au cours de la IIe Guerre mondiale furent nombreux et glorieux. Le Régiment s'est vu décerner un total de 135 décorations dont une
Croix Victoria décernée au capitaine Paul TRIQUET en décembre 1943.
Malheureusement, le Régiment dut payer chèrement sa part de gloire.
La Guerre de Corée
(1950-1953)
Le Canada décide de rejoindre les Alliés sur le front du Pacifique. Le Canada consentait de former une division d’infanterie qui combattrait auprès des Américains. Le brigadier Bernatchez se
portait volontaire à la tête d’une brigade et demandait aux gars du 22e de se porter aussi volontaire pour ainsi former un bataillon d’infanterie canadien-français. Ce nouveau
bataillon est sous les ordres du lieutenant-colonel G. TURCOT et il débute son entraînement en août 1945. La capitulation du Japon met un terme à ce nouveau bataillon qui sera + tard
identifié comme étant le 2e Bataillon du R22eR. Cette unité sera en force jusqu’à sa dissolution le 1er octobre 1946.
C'est la réorganisation du Régiment et la réoccupation de la Citadelle. Le Royal 22e Régiment prit officiellement possession de la Citadelle inoccupée depuis la démobilisation des
effectifs du QG de l'Est du Québec.
On retrouva l'état-major du Régiment. Tandis qu'à St-Jean d'Iberville, on logea une cie d'infanterie.
En fait, le Régiment comporte un effectif d’environ 480 militaires tous grades confondus et Valcartier sert toujours comme endroit d’entraînement pour les troupes. La répartition de l’effectif du
Régiment sur 2 zones a comme conséquence directe qu’il y a rarement une période d’entraînement au niveau d’unité et qu’il semble très difficile d’en faire au niveau de cie. L’entraînement
s’effectue principalement au niveau individuel.
Il faut mentionner que le Régiment a assisté les autorités civiles lors des grands incendies de Rimouski et de Cabano en 1950. De +, le Régiment se voit convertir en une unité de paras.
L’échiquier international voyait déjà la formation de 2 grands blocs. Sur l’échiquier mondial, tous s’espionnaient et les actions militaires des grandes puissances s’effectuaient par des
forces interposées. La Corée sera en quelque sorte le 1er bras de fer d’envergure.
Voilà que le Régiment allait connaître des jours sombres en Corée.
C’est la guerre !
En effet, des pluies intermittentes sont tombées le long du 38e parallèle. Le calme règne et rien ne laisse présager ce qui va bientôt se produire. Des soldats sud-coréens font bien le
guet le long de la ligne de démarcation qui divise la Corée, la situation laissait plutôt espérer une détente réelle. Tout à coup, cette quiétude fait place à un véritable Enfer. Les forces
nord-coréennes envahissent d'est en ouest le territoire de la République de Corée. Elles balaient tout sur leur passage et s'emparent de plusieurs points stratégiques.
Le Ier ministre annonce la formation d’une brigade spéciale sous l'égide des Nations Unies et il autorise la formation du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment. Le
Gouvernement convenait qu’il s’agissait plutôt d’une opération policière. Force est d’admettre que le Régiment allait connaître à nouveau des jours sombres dans ce théâtre d’opération. Cela
fut la 1er opération d’envergure des Nations Unies nouvellement formées en 1946.
Le recrutement au Royal 22e Régiment débuta à fond de train. 18 recrues se présentent au bureau régimentaire et un mois et demi + tard, les effectifs s’élevaient à 1600. Le succès
rapide de cette campagne de recrutement n’a pas reposé uniquement sur un rengagement des vétérans de la IIe Guerre mondiale.
Il ne faut pas croire que tout se passa rondement et sans difficultés. L’équipement faisait défaut. Par exemple, le Régiment ne disposait que d’une seule Jeep. Les casernes
manquaient du nécessaire. Les effets personnels étaient nettement insuffisants. Seulement une soixantaine avaient reçu leurs uniformes.
Le corps principal du Régiment devient le 1er Bataillon. Le 2e Bataillon se rend à Fort Lewis pour y parfaire son entraînement. Il y demeure jusqu’au 19
avril 1951. Un 3e bataillon est formé à Fort Lewis, le rôle du 3e Bataillon sera revu afin qu’il puisse participer au conflit.
Le 2e Bataillon restera en Corée du 19 avril 1951 jusqu’au 23 avril 1952. La mort agira comme une voleuse.
Ténacité et vaillance sont des mots encore trop faibles pour décrire la dignité et la valeur des soldats du "22e". Le Régiment avait perdu 54 hommes. La moitié de ces
pertes étaient celles de la cie D. Comme le bataillon n'avait pas l'habitude de laisser ses morts ou ses blessés sur le champ de bataille, on entreprit d'aller récupérer les corps des hommes du
lieutenant Mac Duff tués l'avant-veille. Cette délicate et périlleuse opération fut confiée au lieutenant J. J. PARADIS. Aidé des soldats Casavant et Tassé, ils réussirent à atteindre les
positions du peloton 11 et à ramener les uns après les autres tous les corps des victimes de ce qui fut sans aucun doute le combat le + sanglant livré par le "22e" en Corée.
L'arrière-garde d'un important détachement se faisait surprendre à son tour par l'ennemi. Elle progressait en silence le long d'un petit ruisseau quand elle fut soudainement attaquée par
derrière. Des corps à corps accompagnés de coups de feu et de combats à la baïonnette devaient décider de l'issue de cet engagement. Le caporal Delphis CORMIER et ses hommes réussirent à regagner
leur ligne. 3 d'entre-eux étaient cependant blessés.
La bravoure et l'abnégation ! C'est pendant la nuit du 5 au 6 septembre 1952 que le "22e" fut durement touché. Alors que l'artillerie ennemie faisait pleuvoir pas
moins de 400 obus sur les cies B et C, 2 pelotons chinois obligeaient une patrouille de 6 hommes à battre en retraite. Leur chef se rappela qu'une brèche pratiquée par sa patrouille dans le champ
de mines qu'elle venait de traverser n’avait pas été refermée. Il revient donc sur ses pas afin de réparer cet oubli. C'est alors qu'il fut fait prisonnier et + tard tué pendant qu'il tentait
d'alerter les hommes venus à sa rescousse. Le caporal Ladouceur fut cité à l'ordre du jour à titre posthume.
Le 1er Bataillon remplace le 2e Bataillon sur la ligne de feu. 1 an + tard, il est relevé par le 3e Bataillon qui est en place lors de la signature du
cessez-le-feu le 27 juillet 1953. Ce dernier servira en Corée jusqu'au 13 avril 1954.
La guerre de Corée restera longtemps une guerre oubliée au sein de la population canadienne qui sera indifférente à cette dernière jusqu’au début des années 2000.
Les faits d'armes au crédit du Royal 22e Régiment au cours de cette guerre furent nombreux et glorieux. Le Régiment se vit attribuer un total de 84 décorations. Malheureusement, il a
dû payer chèrement sa part de gloire.
Les Ecoles du Régiment
(1953-1998)
L'École de combat du Royal 22e Régiment retrace ses origines à l'époque de la Guerre de Corée alors que le Dépôt régimentaire était créé à la garnison Valcartier en mai 1953.
Le 1er cours des recrues a débuté le 18 août 1953. Les cours de base verront accroître leur durée à 19 semaines. Le Dépôt régimentaire fournit quelques centaines de recrues/année aux 3
bataillons Force régulière du Royal 22e Régiment.
Le Dépôt régimentaire verra son rôle et sa mission se bonifier en 1959. Il offrira des cours de français pour les anglophones et d’anglais pour les francophones ainsi que d’autres cours de
spécialisation. Le Dépôt note l’amélioration du niveau scolaire et de meilleurs résultats aux tests d’aptitude intellectuelle supérieure aux normes.
Le Dépôt régimentaire se voit déjà attribué quelques responsabilités régimentaires. Veiller au bien-être des personnes à charge des membres du Régiment en service hors de la région de Québec ou
déployés outre-mer.
Le Dépôt régimentaire déménage de Valcartier à la Citadelle de Québec. Le Dépôt se verra confier la responsabilité de la Citadelle de Québec, de l’entretien et du contrôle des biens
régimentaires selon les directives émises par la Régie du Royal 22e Régiment. Il doit aussi administrer la Musique du Régiment ainsi que les arrière-gardes des bataillons en service
hors du pays. Ce grand changement est attribué à l’unification des Forces canadiennes et à la création d’une École des recrues qui prendra garnison à St-Jean/Richelieu.
Cette nouvelle unité verra son mandat et ses responsabilités accrues. L'école dispense alors des cours de chefs et de spécialistes pour l'ensemble des unités francophones de la garnison de
Québec, artilleurs et blindés.
L'école vit à nouveau un changement de structure. La dissolution de l'École des armes de combat donne le jour au Centre d'instruction au combat. Graduellement, les cours de qualification de
métier de base ne sont plus dispensés que pour les fantassins destinés au Royal 22e Régiment. Le commandant de la Force mobile met en avant un projet pour chacun des 3 régiments
d'infanterie. L'École de combat du Royal 22e Régiment est officiellement nommée et conserve son mandat 1er soit celui de former les soldats pour le Royal 22e Régiment.
L'école voit son mandat s'étendre à la grandeur du Secteur du Québec de la Force terrestre (SQFT). Elle est de + mandatée par le SQFT pour donner des cours de formation individuelle et de chef au
niveau de section dans un concept de Force totale. Elle conduit annuellement une centaine de cours et ses effectifs atteignent + de 2400 officiers et membres du rang.
L'école sera désignée en tant que Centre d'instruction du SQFT (CISQFT) et son mandat sera de nouveau élargi pour dispenser les cours de qualification de base des fantassins. Elle quittera
alors le giron du Royal 22e Régiment.
Le 1er Commando du
Régiment aéroporté du Canada (1968-1995)
L'origine des forces aéroportées canadiennes remonte à 2 unités ayant combattu au cours de la IIe Guerre mondiale.
L’effectif du 1st Canadian Parachute Battalion s'élevait à 646 militaires de tous rangs. Cette unité
s'entraîna d'abord à Fort Benning, par la suite, au Manitoba. L'unité fut incorporée à l'armée régulière et s'embarqua pour l'Angleterre pour se joindre à la 6e Division aéroportée
britannique.
Plusieurs groupes ont perpétué au sein des Forces canadiennes les pratiques de ces prédécesseurs. Le 1er de tous fut la Canadian Special Air Service Company, et dont les membres
servirent à établir la Mobile Striking Force (MSF).
La MSF était une brigade formée de bataillons provenant de différentes unités régulières d'infanterie. Les membres de la MSF étaient rompus aux techniques de parachutisme et aux opérations en
milieu arctique.
Le Royal 22e Régiment a joué un rôle très actif au sein de cette unité spéciale en mettant à sa disposition un grand nombre de ses membres. C’est le 9 janvier 1950 que le Régiment
devint officiellement une unité de paras. Au cours de la 1er année, pas moins de 460 hommes se rendirent à Rivers au Manitoba. Le rôle aéroporté échoit au 1er
Bataillon, jusqu’à son départ pour la Corée en 1952.
Le 2e Bataillon assumera le rôle d’unité aéroportée jusqu’à son départ pour l’Allemagne. Le 2e Bataillon reprend son rôle aéroporté au sein de la MSF, plusieurs exercices et sauts
purent s’inscrire au programme d’entraînement de l’unité. À titre d’exemple, l’unité avait exécuté 749 sauts, on n’avait enregistré qu’un accident mineur. Même chose en 1960, les accidents furent
presque inexistants.
Le 3e Bataillon assume à son tour le rôle d’unité aéroportée au sein des Forces canadiennes. Les 733 hommes de tous grades sont prêts pour une série d’exercices aéroportés qui se
tiendront à 3-Rivières. Cette unité conservera ce rôle jusqu’en 1964. L’exercice Renard bleu fut le dernier exercice aéroporté de grande envergure auquel participa l’unité. 26 officiers
et 463 hommes avaient cette fois pour mission de s’assurer le contrôle d’une piste d’atterrissage située à Saglek et de s’emparer d’une force ennemie descendue dans la région avoisinante. 30h à
peine après le début de l’opération, tous les objectifs étaient atteints. Le 3e Bataillon venait de se distinguer encore une fois.
Le commandement de la Force mobile prévoit la formation d’un régiment aéroporté.
Le 1er Commando du Régiment aéroporté du Canada fait officieusement partie de la grande famille régimentaire. Le Royal 22e Régiment s'est vu décerner la tâche de pourvoir le personnel
du 1er Commando.
Le 1er Commando est stationné à la Garnison Valcartier entre 1968 et 1970, les exercices du commando se tiennent surtout dans la région de Québec, les 161 membres du
1er Commando et leurs familles déménagent à Edmonton. Les paras sont rappelés au Québec en appui dans le cadre de la Crise d’octobre 1970. Le
1er Commando a un effectif d’environ 250 militaires.
Le 1er Commando a servi à Chypre de mars à décembre 1974, les paras Berger et Perron sont tués et 13 autres sont blessés. 8 membres sont décorés : 2 de l'Étoile du
Courage ; et 6 de la Médaille de bravoure, le caporal C. GRATTON, M. GINGRAS, le colonel G. H. LESSARD s’est vu décerner la Médaille de bravoure.
Un vitrail commémorant les soldats Berger et Perron est consacré à la chapelle catho de la base de Petawawa.
Le Régiment aéroporté du Canada est transféré à Petawawa en Ontario. Le 1er Commando est le pilier de la communauté francophone locale. Aux 2 endroits, près de 20 de ses membres et leurs familles
seront à l’avant-garde de la progression de services offerts en langue française.
Le 1er Commando sert de nouveau à Chypre et l'un des leurs est décoré de l'Étoile du courage, le 1er Commando sert de nouveau à Chypre.
Le 1er Commando participa au sein d'une force multinationale dans une Somalie très troublée. Celui-ci reçoit une mauvaise presse à partir du printemps 1992 à cause de la
mauvaise conduite de quelques individus d’un autre commando que le 1er. En janvier 1995, les membres du 1er Commando défilent fièrement pour la dernière fois lors de la
cérémonie de fermeture du Régiment.
La cie de paras du Royal 22e Régiment est formé à la Garnison Valcartier en juillet 1995. La cie de paras est d’abord sous la gestion administrative du 1er Bataillon et la cie de paras
devient la cie A du 3e Bataillon en avril 1996.
Les Fusiliers du
St-Laurent : 5e Bataillon du Royal 22e Régiment (1952-1968)
Dès 1776, plusieurs localités situées le long du
St-Laurent en aval de Québec hébergeaient des cies de la Milice. Tel fut le cas de Rivière-du-Loup, L'Ile-Verte. Or ce sont ces unités et quelques autres qui furent regroupées le 9 avril 1869
pour donner naissance aux Bataillons provisoires de Rimouski et de Témiscouata. Ces 2 unités furent fusionnées à leur tour pour former le 89e Bataillon d'infanterie. Le QG sera établi
à Rivière-du-Loup et comportait 6 cies.
C'est durant la guerre des Boers que ce Régiment se fit remarquer pour la 1er fois. Plusieurs de ses membres participèrent à cette campagne et se couvrirent de gloire lors des batailles de
Paardeberg, Driefontein, Zoud River ainsi qu’aux expéditions effectuées dans la colonie de la rivière Orange et dans le Transvaal occidental et oriental. Mentionnons en particulier le capitaine
Eugène FISET, qui devint par la suite major-général et lieutenant-gouverneur de la province de Québec.
Le 89e Régiment participa en Angleterre aux festivités soulignant le couronnement de SM le Roi Edouard VII. Le 89e Régiment récidive de nouveau dans le cadre du couronnement de
SM le Roi George V.
La participation de cette unité à la Ier Guerre mondiale fut + remarquable encore. À la fin de la guerre, le duc de Devonshire se rend à Rimouski et remet aux familles Brillant et Kaeble 2
Croix Victoria décernées au lieutenant Brillant et au caporal Kaeble pour leur bravoure remarquable sur les champs de bataille.

Le 189e Bataillon changea 2 fois de nom. Il devint le 1er Bataillon du Régiment de Témiscouata et Rimouski et l'ordre général n° 206 en fit les Fusiliers du St-Laurent. Cette
unité sera répartie comme suit : QG à Rimouski ; la cie A à Rivière-du-Loup ; la cie B à Mt-Joli ; la cie C à New-Carlisle ; la cie D à Gaspé.
Le Régiment reçoit son insigne régimentaire tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Les Fusiliers du St-Laurent se verra confier 3 rôles jusqu'en 1945 : veiller à l'instruction des recrues ; assumer la protection du territoire canadien le long des côtes du St-Laurent ;
fournir des renforts aux unités en service outre-mer.
Les Fusiliers du St-Laurent se joignent au Royal 22e Régiment et deviennent alors Les Fusiliers du St-Laurent (5e Bataillon du Royal 22e Régiment) avec son poste
de commandement à Rimouski. Ils préférèrent cependant recouvrer leur autonomie, redeviennent les Fusiliers du St-Laurent.
La Citadelle de
Québec
La Citadelle est la + importante des fortifications
élevées au Canada durant la période coloniale britannique. Elle a été construite selon le système de défense de l’ingénieur français Vauban. La construction de l’enceinte extérieure débuta
en 1820 et il a fallu 30 ans pour compléter tous les travaux. Elle présente la forme d’un polygone à 4 angles dont chacun constitue un bastion et couvre une superficie de 37 acres. On y
retrouve 2 bâtiments du régime français. La Citadelle de Québec est reconnue comme lieu historique national du Canada.

Le Royal 22e Régiment perpétue les traditions militaires en présentant des cérémonies comme la Relève de la Garde ou la Retraite. Les militaires en grande tenue écarlate sont
accompagnés de la Musique régimentaire et du bouc Batisse.
La Relève de la Garde se déroule tous les jours à 10h. Les cérémonies peuvent être annulées en raison du mauvais temps ou à cause de contraintes opérationnelles.
La Croix de
Vimy
Elle est située à l'endroit même où fut érigée la batterie de Brock au moment de la guerre de 1812. Sous le régime français cet endroit fut appelé Cavalier
du Roy.
La bataille de la crête de Vimy fut la 1er bataille livrée par le Corps d'armée canadien du 9 au 14 avril 1917. "Le corps d'armée canadien avait avancé de quelque 4500 verges et saisi 54
canons. Il avait infligé à l'ennemi de lourdes pertes. La victoire avait été remportée au prix de la perte de 10 602 hommes. "Le Canada sera fier de savoir que la conquête de la crête convoitée
de Vimy a été dévolue à ses troupes"".
Au cours de cette bataille le 22e Bataillon se trouvait incorporé au sein de la 5e Brigade d'infanterie de la 2e Division canadienne. Les autorités militaires
canadiennes de l'époque ont fait ériger une croix de bois à la mémoire des disparus de 1917.
Cette croix céda sa place au monument imposant que l'on peut voir de nos jours et le Régiment se vit confier la garde de cette croix qui fut placé à la Citadelle à l'automne de 1924. Cette croix
de bois se détériora et il fut décidé de remplacer les bras de cette croix et d'en refaire la base. Le Régiment a déposé les articles suivants : une douille de cartouche du canon de 18
; les insignes régimentaires du
22e Bataillon ; la liste
nominative de tous ceux qui sont morts alors qu'ils servaient avec le 22e Bataillon ; la signature du commandant de l'époque ; et des pièces de monnaie canadienne à l'effigie du roi régnant.
La Croix de Vimy fut rénovée une fois de +. La tâche fut confiée à la section du Génie sous la supervision de l'adjudant-maître Dubois.
La croix fut restaurée au complet en contre-plaqué. Les restes de la croix d'origine sont demeurés à l'intérieur de la nouvelle croix et les documents historiques sont toujours à l'intérieur de
la base de granit. La croix actuelle fut mise en place le 8 avril 1979. Des parcelles de cette croix sont aussi exposées au Musée du Royal 22e Régiment situé à la
Citadelle.
La Chapelle
Une 1er partie de l'édifice a été construite en 1800. La poudre arrivait de GB dans des tonneaux de 100 livres et était par la suite versée dans de + petits tonneaux de 25 ou 50 livres. Les plans
originaux se retrouvent au Musée du Royal 22e Régiment. Le mur d'enceinte était conçu à la fois pour protéger la poudrière elle-même et pour protéger la garnison en cas de
déflagration.
C'est en 1927 que le commandant du Régiment changea la vocation de la poudrière en chapelle. Celle-ci est réservée à l'usage des membres du Régiment et de leur famille.
Le
Mémorial
Le Mémorial du Royal 22e Régiment est un édifice de forme pyramidale situé à côté de la chapelle et qui servit autrefois de tonnellerie. Celle-ci fut construite entre 1842 et 1850. Les
vitraux représentent l'écusson des régiments canadiens-français qui ont participé à la formation du 22e Bataillon et qui lui ont aussi fourni des renforts lors de la Ier Guerre
mondiale.
Le Mémorial renferme la dépouille du général Vanier décédé en 1967. Il fut commandant du Régiment et devint le 1er Canadien français à occuper la fonction de Gouverneur général du Canada. Repose
son épouse Pauline décédée en 1991.
On y trouve également les anciens drapeaux régimentaires et royaux. C'est un émouvant rappel aux officiers. Une page du Livre du souvenir est tournée tous les jours par le sergent de service de
façon à ce que chaque nom apparaisse au moins 6 fois/année à une date déterminée.
Les murs de cette salle sont décorés par des Honneurs de batailles du Régiment inscrits en lettres de bronze. Une flamme y brûlait en permanence. Cette flamme fut remplacée par une lampe.
La Redoute
Jebb
La redoute Jebb est un ouvrage défensif doté d'une plate-forme où l'on peut y aménager des canons. Elle fut érigée selon les
plans dressés en 1850 au moment des travaux d'achèvement de la Citadelle et également dans le but d'améliorer le système défensif devant la menace potentiel d'une invasion américaine. La redoute
changea de vocation en 1951 lorsque le Mess des Adjudants et Sergents s'y installa.
Le Réduit de Jebb ou
Corps de garde Jebb
L'immeuble du corps de garde se trouve au pied du Bastion du Roi. Le toit du bâtiment fut érigé en 1855 et par la suite enlevé lors de la 1er phase de rénovation de la Citadelle.
La
Tenaille
Cette tenaille fut construite en 1842 à la suite des
rébellions des Patriotes de 1837 et 1838. En effet, des membres des professions libérales et des marchands canadiens-français décidèrent de passer à l'action. Ils se sentaient les seuls en état
de défendre et d'affirmer la culture et la nationalité canadiennes-françaises. Le principal moyen d'arriver à ce but était la création d'un gouvernement responsable permettant aux Canadiens
français de gérer eux-mêmes leurs affaires.

C'est en 1837 que la GB rejette la requête du Parti patriote à cette fin. Profitant de la crise agricole, la révolte armée des Patriotes éclata. Quelques combats opposèrent les Patriotes aux
troupes de l'armée britannique. Notons par exemple les batailles de St-Denis et de St-Eustache. C'est dans ce contexte de tensions et par souci d'accroître les capacités défensives de la
Citadelle que fut ordonnée la construction de la tenaille. Les plans du bâtiment avaient été conçus pour qu'ils puissent remplir 2 fonctions. Elle servit de prison militaire entre 1860 et 1951.
Elle est devenue une partie du Musée du Royal 22e Régiment.
La Redoute du Cap
Diamants
Certains éléments de fortification avaient été construits dont la redoute du Cap Diamants. Celle-ci fut construite sous Frontenac en 1693 après l'attaque de Québec par l'amiral anglais Phipps.
Elle est la structure militaire la + ancienne de Québec. Elle constituait à l'époque l'extrémité ouest des défenses de Québec. La partie conservée par les Britanniques constitue environ la moitié
de la redoute originale, la redoute comportait "un logement, et 6 canons".
Le Bastion du
Roi
Le canon du bastion est un canon Armstrong de 1860, d'un poids de + de 9 t et d'une portée de près de 3 km. Il fut mis en place en 1872. L'emplacement du canon sur le cap n'est pas le fruit
du hasard. Il fut placé à cet endroit en considérant l'importance stratégique de ce point qui domine l'accès fluvial vers le continent. La grande batterie de 7 canons de 24 livres date de
l'époque de la construction.
Les Quartiers, le Mess
des Officiers et les Résidences officielles
Les quartiers des officiers étaient conçus à
l'origine pour loger 2 officiers supérieurs et 39 officiers subalternes. À chaque extrémité du bâtiment se trouvaient les écuries.

Le recrutement des officiers se faisait principalement parmi la noblesse. Le mess était un lieu extrêmement important pour les officiers lorsqu'ils n'étaient pas en service. Le mess servait à
développer un esprit de corps et le sentiment de vivre en famille. Il s'accompagnait aussi d'une étiquette complexe et d'obligations diverses. Encore aujourd'hui le mess occupe une place
importante dans la vie régimentaire.
Encore aujourd'hui cette partie des quartiers constitue la 2e résidence officielle du Gouverneur
générale du Canada.

Il y eut de nombreux ajouts et changements dans l'architecture de cette partie de l'édifice. Un incendie eut lieu en 1976 et mena à la construction de l'aile que l'on voit aujourd'hui.
L'inauguration de cette aile se fit en 1984.
Le QG du Royal 22e
Régiment
Ce bâtiment fut construit pour servir d'hôpital à
l'épreuve des bombes et peut alors recevoir un sergent d'hôpital et 75 patients répartis dans 5 salles. Il comporte également une salle de chirurgie ainsi qu'un réservoir d'une capacité de 19 600
gallons d'eau accumulés par le toit. Les autorités militaires révisent sa capacité de lits et l'établissent à 33. Le devis de cette construction signale le fait que l'hôpital soit construit de
pierre de Cap-Rouge.

Depuis 1920, l'hôpital est devenu l'immeuble abritant le siège social du Royal 22e Régiment. L'insigne régimentaire se trouve directement au-dessus de l'entrée principale.
L'Observatoire tour de
la Boule
Il fut construit en 1850 et fut un des 1er observatoires au Canada. C'était le seul édifice de la Citadelle n'ayant pas de fonction militaire. Durant la saison de navigation du fleuve, le système
de la boule servait à indiquer de façon précise l'heure à ses utilisateurs.
Ce système fut utilisé à cet endroit jusque dans les années 1890.
Le Magasin
d'intendance
Ce bâtiment construit en 1839 est aujourd'hui affecté à l'instruction. L'étage supérieur abrite les quartiers des officiers. Le magasin d'intendance fournit le matériel et les services
nécessaires aux militaires en garnison. Cet immeuble témoigne du fait que la Citadelle de Québec forme une communauté de gens pouvant vivre de façon autonome.
Le Bastion Prince de
Galles
Le Bastion Prince de Galles est le point naturel le + élevé de la Ville de Québec. Il se
situe à environ 120 m au-dessus du niveau du fleuve. Il fut ainsi nommé en l'honneur du prince de Galles. L'armement principal consiste en un canon de 23 cm, d'un poids total de 12 t et d'une
portée de près de 5 km. L'obus utilisé pesait 256 livres et il demandait une charge de 50 livres de poudre. Un effectif de 11 hommes était nécessaire à l'opération du canon. Il fut mis en place
le 12 mars 1872.

Sous le bastion se trouve un tunnel prolongé par un passage couvert conduisant à 2 salles de tir. Les militaires étaient protégés et pouvaient attaquer les ennemis des 2 côtés.
Le bastion Prince de Galles occupe l'endroit même où était situé le bastion du Cap Diamants construit sous Chaussegros de Léry.
L'Ancienne poudrière
française
Ce bâtiment fut construit en 1750 sous la direction de Gaspard Joseph Chaussegros de Léry, responsable à l'époque des fortifications pour le Canada entier. Cette poudrière pouvait contenir 2388
barils. Les autorités françaises avaient mis en place des moyens pour réduire les dégâts en cas de déflagration. Donc la poudrière était entourée d'un mur et des contreforts pour solidifier les
murs afin de retenir le souffle d'une explosion. Cette poudrière était à l'épreuve des bombes.
Aujourd'hui la poudrière sert de Musée.
Le Musée du Royal 22e
Régiment
Le Musée du Royal 22e Régiment possède une collection à caractère militaire couvrant + de 300 ans d’histoire. La majeure partie de la collection couvre la période de la Ier Guerre
mondiale jusqu’à aujourd’hui. Les périodes de guerre sont représentés dans leurs collections.
Une autre partie importante de la collection du Musée couvre les régimes français et britannique auxquels est étroitement liée l’histoire de la Citadelle. La Croix de St-Louis et l’épée de
Chaussegros de Léry, des pistolets de duel ne sont que quelques-uns des artefacts conservés dans leur collection... On y trouve aussi un diorama illustrant des épopées du régime
français.
Le Musée est un organisme sans but lucratif qui détient le statut officiel de Musée des Forces canadiennes.
Patrimoine
Les Médailles et les
insignes
Les médailles constituent la + grande richesse d’un musée militaire. Chacune d’entre elles raconte une bataille, une histoire de vie. L’ensemble de celles-ci raconte toute l’histoire du
Régiment.
Le Royal 22e Régiment a l’honneur de présenter une collection exceptionnelle de médailles comprenant les Croix de Victoria méritées au caporal Joseph KAEBLE. La Croix de la Vaillance
du major René JALBERT est aussi exposée.
Le Musée possède également une collection d’insignes comptant + de 1500 pièces dont la collection du Corps expéditionnaire canadien.
Les Uniformes et les
textiles
L’histoire du Royal 22e Régiment et des Forces canadiennes racontée par les uniformes, les drapeaux et les bannières. Des artefacts prestigieux comme le képi du maréchal Foch.
Les
Armes
Leur collection de + de 600 armes couvre un large éventail de l’armement militaire utilisé ou produit au
Canada depuis le régime français jusqu’à maintenant. Elle s’intéresse également à ce qui se produit ailleurs dans le Monde.

Armes à feu : carabines. Armes blanches : baïonnettes, sabres, canons français.
Beaux-arts et arts
décoratifs
Cette collection est composée en majeure partie d’estampes. On y retrouve aussi des trophées, de la vaisselle...
Estampes
Plans et dessins reliés à la construction de la Citadelle.
Gravures représentant la ville de Québec au XIXe siècle.
Représentations de la ville de Québec tirées des journaux du XIXe siècle.
Cartes
Cartes et plans du régime français et du régime britannique.
Cartes militaires du XXe siècle.
Tableaux : Huot, Richard, Comfort.
Sculptures
Louis JOBIN.
Miniatures
Collection Grenier composée de 291 soldats de plomb et accessoires.
Archives
Les archives du Royal 22e Régiment sont conservées au Musée du Royal 22e Régiment à la Citadelle de Québec. Ce centre d’archives possède d’autres fonds.
Historique
Le Royal 22e Régiment actuel est le descendant direct du 22e Bataillon canadien-français levé en 1914 pour participer à la Ier
Guerre mondiale.
Le bataillon s’est distingué au cours de plusieurs batailles.
Le Royal 22e Régiment participa également à la IIe Guerre mondiale. On retrouve ensuite le régiment parmi les troupes de l’ONU qui
combattent lors de la Guerre de Corée.
Les années 1960 marquent le début des missions de paix auxquelles participe le Royal 22e Régiment depuis Chypre jusqu’à Kaboul, la Croatie et Haïti.
Fonds
Le fonds Royal 22e Régiment (F22) renferme des documents illustrant son histoire. Les grandes séries sont : dépôt/école de combat, Régie, Fondation
Général-Vanier. Chacun des bataillons possède sa propre série.
Le centre d’archives du Musée du Royal 22e Régiment est aussi en possession de fonds d’archives associés ainsi que de fonds privés. Ces fonds privés associés proviennent de
membres du régiment. Ils couvrent l’ensemble de l’histoire du régiment, la IIe Guerre mondiale (fonds d’Artois, Triquet).
Le centre d’archives possède ceux de L.-N. VOYER ; celui d'A. BOIVIN contenant + de 120 photos de militaires au camp de Valcartier lors de la Ier Guerre mondiale. Les archives de la
Citadelle de Québec sont aussi parmi les documents conservés au Musée de la Citadelle.
Types de
documents
La majorité des archives conservées au Musée du Royal 22e Régiment est composée de documents sur support papier : photos et cartes militaires forment l’essentiel de ces
documents. Le centre d’archives possède également un très grand nombre de négatifs et de diapos. La numérisation systématique de ces documents est présentement en
cours. Le centre d’archives possède aussi un grand nombre de cassettes vidéo et de bandes sonores.
Centre de
documentation
Le centre d’archives du Musée a accumulé + d’un millier de livres sur l’histoire militaire canadienne. Le centre de documentation du service des archives possède une imposante
collection de manuels d’instruction militaire dont les + anciens remontent au milieu du XVIIIe siècle. On peut également y consulter quelques hebdos de la période de la Ier Guerre
mondiale (Le Devoir, L’Illustration) ainsi que des brochures gouvernementales publiées lors des 2 conflits mondiaux.
Service aux
chercheurs
Les chercheurs peuvent effectuer des recherches au centre d’archives du Musée du Royal 22e Régiment à la Citadelle. Il est nécessaire de prendre RDV avec l’archiviste au
préalable.
Couac vous en dites