Michael MOORE (Roger et moi, Canadian bacon, The Big one, The Awful
truth, Bowling for Columbine, Fahrenheit 9/11, Sicko...) revient aux sources du sujet qui a occupé
toute sa carrière. Sauf que le coupable est d'une autre ampleur que General Motors, Michigan. De l'Amérique moyenne aux coulisses du pouvoir à Washington, Michael MOORE propose au
spectateur de s'aventurer sur un terrain rarement arpenté. Capitalism : A love story explore une question taboue : cette love story paraissait bien innocente. Michael
MOORE nous entraîne à la rencontre de ces gens ordinaires dont les vies ont été mises sans dessus-dessous. Et ce qu'il découvre : mensonges, trahison... et 14 000 emplois perdus chaque
jour. C'est aussi et surtout la quête ultime du réalisateur pour répondre à la question qu'il s'est posé tout au long de sa carrière ?
Encore un excellent Michael MOORE, inlassable pourfendeur des injustices ! Toujours des situations
dramatiques arrivées aux petites gens qui nous sont montrées et qui ne peuvent que révolter (les assurances vie sur les employés...). Certes, Michael use de raccourcis, mais peut-il faire
autrement sans barber les spectateurs ? Au moins, le message passe et on se dit qu'il faut se mobiliser ! Et heureusement, l'humour vengeur de Michael parsème le film de bouffées salutaires. Il
s'agit là d'un de ses films les + personnels, puisqu'il revient vraiment sur sa vie, son enfance notamment, et sur la vie de son père, auquel il rend un bine bel hommage, tout comme à l'ensemble
des ouvriers de Flint, avec lesquels il s'est battu dès Roger et moi... il y a 20 ans déjà ! Le film finit (presque) sur un discours de Franklin Delano ROOSEVELT (1882-1945), sans conteste un des + grands Présidents des USA, qui, non content d'avoir
sorti les USA de la crise de 1929 et d'avoir conduit plutôt efficacement les USA en guerre, même si on peut reprocher une entrée si tardive, élabore dans ce dernier discours à la Nation un
nouveau projet de société aux USA, avec une nouvelle Constitution, clairement socialiste, dans ce que le Socialisme a de meilleur... et pourtant, à sa mort, tout cela fut mis aux
oubliettes et on ne peut s'empêcher de se dire : "Quel gâchis ! Bande de cons de dirigeants financiers et politiques !" Le résultat est ce que nous vivons actuellement... Le film est
achevé depuis quelques mois déjà et on se dit que Michael place vraiment pas mal d'espoir envers Obama, mais tout en restant lucide et sans illusion sur le fait qu'il soit comme les autres
"acheté" par les financiers. Et ce jour, 30 novembre 2009, Michael vient justement d'adresser une lettre à Obama, pour savoir si, selon sa décision de renforcement des troupes en Afghanistan ou
pas, il sera le Président de la guerre ou celui d'un Prix Nobel de la Paix qui semble décidément avoir été la + grosse connerie de l'histoire des Nobel ! Le côté positif du film est finalement de
voir que les citoyens commence à se réapproprier leur destin... et c'est heureux, car Michael semble lui se lasser quelque peu de dénoncer sans relâche, sans que les gens n'agisse + ! Au-delà de
la crise financière, c'est un film qui, à l'instar de Sicko qui nous rappelait de rester vigilant sur notre système de santé que nous voyons fondre comme peau de chagrin, nous met en
garde cette fois sur le besoin impératif de rester vigilant sur nos libertés et sur nos droits... ce qui est entièrement d'actualité depuis 2 ans et demi en France ! Alors, pour conclure, juste
cette bonne vieille expression grolandaise : "Bataillez !"
RECOMPENSES
* Lionceau d'Or et Premio Open à la Mostra de Venise
Durée : 2h06.
Tout sur
le film, sur le site officiel (avec un jeu marrant) !
Couac vous en dites