Jean-Yves LABAT DE ROSSI va les chercher chez eux pour les inviter à une
tournée surprenante qui les réunira en France pendant 3 semaines. Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Les rivalités apparaissent inévitablement. Mais cette promiscuité à laquelle
ils ne peuvent échapper les contraint à communiquer. L'exaspération liée à la fatigue de la tournée et aux antagonismes politiques se transforme progressivement en liens qui se tissent et dont la
musique est le fil de trame.
LE MOT DU REALISATEUR
Le projet d'une tournée en France était né. C'était pour moi l'occasion de me demander si un projet autour de la musique pouvait véritablement recréer des liens entre des personnes que les
guerres opposent.
Soutenu par l'équipe d'Aloest Productions, je suis donc parti en Israël ainsi que dans les Territoires palestiniens, un tel projet ne leur avait jamais été proposé et tous avaient envie
d'exprimer un message de paix.
Extraire les hommes du champ politique pour les faire se rencontrer dans celui du sensible ; telle est l'urgence. Cette aventure humaine est une utopie.
Jusqu'au dernier moment nous n'avons pas su si la tournée allait réellement pouvoir se faire. L'actualité très tendue depuis le début de l'année 2006 ne permettait aucune certitude. Les musiciens
ont quand même fini par atterrir au grand complet à Roissy, pour participer à 14 concerts dans les grandes villes françaises. J'espérais aller au devant du véritable sens de la tournée.
J'ai donc filmé ce que le public ne voyait pas derrière le succès de la scène. J'ai été témoin de nombreux rapprochements, édifiants pour d'autres. Les musiciens m'ont donné l'occasion de vivre
une expérience bouleversante dont j'espère transmettre l'essentiel. Les spectateurs seront certainement surpris et émus de voir qu'un projet "proactif" comme celui de Jean-Yves LABAT DE ROSSI
permette de vraies rencontres.
Je souhaite que ce film résonne comme un encouragement dans un paysage plutôt sombre.
Xavier DE LAUZANNE
CHRONOLOGIE
2003
Enregistrement et sortie du CD D’une seule voix. Le disque remporte en France le
prix Siloë Musique 2004 et le Trophée d’Or 2007 de l’Académie du disque lyrique. Il est également unanimement salué dans la presse :
"Le CD de la paix. Un fabuleux voyage musical". Le Point
"Un CD indispensable. Des chœurs qui vous bouleversent, des voix enfantines qui font pleurer d’émotion. C’est magnifique, résolument en faveur de la paix". Paris Match
"Un miracle de beauté". L’Humanité
"Les 20 titres qui composent cet album veulent dire l’espérance en un monde où chacun regarderait d’abord le cœur de l’autre". L’Express
"Des chants surpassent les cris de haine et les appels à la vengeance. Une quête commune du beau". La Croix
"Cet album que je trouve formidable. C’est beau". PPDA
"Une extraordinaire variété de rythmes et de moyens d’expression". Le Monde de la musique
"Un album magnifique". RFI
"Ce superbe disque annonce la naissance d’un label qui s’avère très prometteur. Des voix sublimes qui incitent au recueillement". La Revue du Son et du Home
Cinéma
2004
25 novembre
Concert D’une
seule voix à Jérusalem avec les artistes israéliens juifs, palestiniens de Cisjordanie et palestiniens exceptionnellement sortis de Gaza pour l’occasion. En présence de Renaud DONNEDIEU DE
VABRES.
2006
14-31 mai
Tournée D’une seule voix en France.
Novembre
Sortie du DVD de captation D’une seule voix sur les concerts en France et la
présentation des artistes.
2009
27 février
Concert D’une seule voix à Malte 6 semaines après les bombardements israéliens à
Gaza. 35 des artistes de la tournée y participent. En présence de Bernard KOUCHNER.
19 octobre
Concert D'une seule voix à Chypre dans le cadre de l'opération Ulysse
: des conférenciers de
différentes nationalités des pays de la Méditerranée sont invités sur un bateau de la Marine nationale à venir parler de figures emblématiques aisément identifiables des 2 côtés de la mer (Albert
CAMUS...).
11 novembre
Sortie au ciné du film documentaire D’une seule voix de Xavier DE
LAUZANNE.
ENTRETIEN AVEC XAVIER DE
LAUZANNE
Comment est née l’idée de faire un film sur cette tournée ?
Ce genre de chose n’arrive jamais là-bas et c’est un Français qui avait réussi cet exploit :
producteur de musiques classique et traditionnelle. L’émotion dans le public était tangible. J’entendais des murmures autour de moi. L’atmosphère était hors du temps. J’étais impressionné. Mais
la présentation sur scène n’était que la partie émergée de l’iceberg. J’essayais d’imaginer tous ces artistes ensemble dans les coulisses… C’était là que tout se jouait finalement…
J’avais envie d’y être !
Je suis parti rencontrer Jean-Yves et Anne DIEUMEGARD, dans leur petit village de St-Avit-de-Tardes. Dans un ancien presbytère aux murs épais, j’ai découvert des personnages insolites qui
téléphonaient à Jérusalem, pour permettre à ces artistes de se côtoyer et de former ensemble une troupe. J’avais le sentiment de tenir entre les mains une histoire étonnante pour laquelle je
n’aurais pas de mal à convaincre. La suite s’est en réalité révélée moins simple…
Dans quelles circonstances le tournage a-t-il débuté ?
Les réponses des chaînes de TV sur le projet n’ont pas été encourageantes… Néanmoins : des occasions comme celle-ci ne se présentent qu’une seule fois. En février 2006, je l’ai donc suivi avec ma
caméra. J’ai ensuite filmé la tournée en France. Il n’y a donc eu aucun repérage. Je n’ai pas cherché à faire de figures de style. Mes priorités étaient de faire une image soignée et
parlante. J’étais convaincu de pouvoir élargir la portée de cette expérience humaine incroyable. Certains artistes ne voulaient pas être interviewés, j’étais partie intégrante de la tournée et
ils se livraient avec simplicité. Je bénéficiais de la confiance qu’ils accordaient à Jean-Yves. Et j'ai pu développer une vraie complicité avec eux.
Quel a été le moment fort du tournage au Moyen Orient ?
Le moment le + fort fut notre passage à Gaza et ma rencontre avec Atef OKASHA, la situation à Gaza était complexe : polémiques sur les caricatures et sur les photos d’Abou Graïb… Le consulat de
Jérusalem nous a exceptionnellement obtenu une autorisation de passage. Leur voiture blindée nous a déposés au centre culturel. Atef est ensuite venu nous chercher pour nous emmener dans les
locaux de la TV où se trouvait son studio de répétition. Jean-Yves a fait ses enregistrements avec le groupe pour éditer un CD. L’enregistrement était perturbé par des bombes "sonores"
lancées par les Israéliens dans les no man’s land de Gaza. Elles ne se voient pas mais s’entendent dans toute la ville, une grande amitié est née entre Atef et nous. Ma caméra
était comme un porte-voix pour parler au "Monde". Il me disait des choses graves avec poésie. Voilà une personne qui cherche à se défaire de la rancœur "facile" envers les Israéliens. C’est un
grand musicien avec "le langage qui chante et les yeux qui pleurent". Il allait régulièrement jouer et chanter en Israël. Ensuite, il animait les mariages avec son groupe. Il a tout
perdu : ses instruments, il s’obstine à militer pour le dialogue. Je l’admire profondément.
Qu’est-ce qui vous a le + choqué sur place ?
Le mur. Ce mur qui lacère les paysages, comme une anomalie de l’Histoire. Ce mur qui emprisonne physiquement les Palestiniens et intellectuellement les Israéliens. C’est un mur qui jette
l’opprobre sur la communauté internationale et dont la symbolique dépasse largement le cadre israélo-palestinien. Je suis chrétien et je suis affligé de devoir passer sous des miradors
et devant les chiens pour aller à Bethléem me pencher sur le berceau du Christ. Je n’ai pas trop à me plaindre car j’ai la possibilité de passer... Je n’ai pas vécu la terreur des attentats, je
ne juge pas les Israéliens qui approuvent la construction du mur au nom de la peur. Je suis simplement frappé par leur ignorance de la vie des Palestiniens. Leur gouvernement leur interdit
d’aller dans les Territoires. Ils n’ont aucune idée de la misère sociale que provoque le mur. Ils se voilent la face et n’entendent pas les cris. Cette situation est forcément dangereuse pour
eux. Je suis aussi consterné par ces personnages politiques, médiatiquement bien accompagnés. C’est un abus du système démocratique et c’est un exemple de ses limites. Le grand malheur dans la
gestion de ce conflit est de ne pas avoir de leaders charismatiques.
À quelles difficultés étiez-vous confrontés lors du tournage en
France ?
Il y en a eu de toutes sortes. La complexité logistique de la tournée. Imaginez : issus de pays en guerre, pendant 20 jours, pour 14 concerts ! Les Israéliens arrivaient de Tel-Aviv... Jean-Yves
et Anne ont organisé cette tournée avec des moyens relativement modestes. Il a donc fallu faire vite et les musiciens ont été rapidement épuisés. Il y avait beaucoup de confusion. J’ai été pris à
parti par les musiciens alors que j’étais là pour filmer. Je donnais des coups de main au début mais il a vite fallu que je me recentre sur ma caméra.
Je voulais faire un film libre. Je le ferai pour le ciné. J’imaginais un film qui raconte sans être raconté. Un film que les gens s’approprient eux-mêmes par une narration reposant
essentiellement sur la spontanéité, je voulais un film vivant et chaleureux. C’est peut-être pour cela que le film émeut autant et qu’il est universel. Il me fallait donc être là au bon endroit
et au bon moment. J’observais le moindre mouvement. Je ne cultivais pas de vision angélique ou naïve du projet. Je savais que des amitiés allaient naître. Alors je guettais les malentendus, les
tensions qui apporteraient au film sa crédibilité. J’étais mal à l’aise pour les musiciens mais rassuré pour mon film. Je me suis mis à surveiller les petits gestes, il fallait se donner la
possibilité au montage de reconstituer des parties musicales alors que je n’avais qu’une seule caméra. Mon dilemme était de savoir si j’allais filmer sur scène où dans les coulisses. Il
fallait à chaque fois prendre des angles de vues différents pour amener le + de diversité possible au montage et faire croire ainsi à des extraits de concerts filmés en multi-caméras. Je
suis content du résultat.
Le montage a-t-il été compliqué ?
Le montage fut une autre expérience forte. J’avais + de 100h de rushes sur les bras et je ne souhaitais pas les monter moi-même. J’avais besoin de recul. C’est à ce moment-là que j’ai
rencontré Florence RICARD qui a longtemps assisté Marie-Joseph YOYOTTE (récompensée de 3 Césars). Elle a accepté de travailler avec moi pour la moitié de son salaire habituel. Le montage
a duré 20 semaines. La tâche était considérable. Il n’y a rien de pire qu’une tournée à monter. Il fallait donc que la chronologie de la tournée corresponde à une progression narrative qui ait du
sens. Nous devions garder l’équilibre entre les Israéliens et les Palestiniens, + ou moins positifs. Il fallait gérer beaucoup de personnages à la fois. Il fallait faire venir l’émotion qui avait
été ressentie dans les coulisses et sur laquelle repose la force du film : progressive, sans mièvrerie. Reconstituer les parties musicales. Le défi était important, le sujet sensible... La
complicité et la complémentarité que nous avons eues sur ce travail ont été essentielles. Je garde un souvenir très dense.
Peut-on dire que c’est un film musical ?
Oui et non. Dire que c’est un film musical est un peu réducteur. Le film parle des fondamentaux que sont le dépassement des idées préconçues, de l’ignorance. Il raconte les débuts d’une
formidable aventure humaine qui se poursuit aujourd’hui. La musique est ici + qu’un divertissement. Elle est montrée dans son aspect le + subtil et le + riche. Je me suis intéressé à cette
tournée car elle avait une portée politique. Je l’ai filmée comme tel. Ceux qui l’ont traitée uniquement comme un évènement musical ont omis son sens profond. Souvent, je n’y trouvais pas mon
compte. Ce que nous vivions paraissait "facile". La France est l’un des seuls pays au Monde où un tel évènement peut se produire. Un projet de cette nature et de cette envergure n’avait jamais
été réalisé auparavant. L’expérience qui a été faite en coulisses et l’image qui a été donnée au public a de quoi nourrir beaucoup de réflexions : sociales, philosophiques, artistiques... il y a
le choix et ce sont des questionnements plutôt actuels.
Vous dites que ce projet n’avait jamais été réalisé mais il y a eu celui
de Daniel BARENBOÏM (1942-...) ?
Le rapprochement est effectivement évident. Mais la différence est grande. J’ai beaucoup d’admiration pour Daniel BARENBOÏM qui utilise sa notoriété au profit d’une cause identique à celle que
défend Jean-Yves. Mais il s’agit d’une toute autre manière de la mettre en scène et de la vivre. La musique sera toujours prioritaire. La raison pour laquelle il intègre un musicien dans son
orchestre, c’est parce que c’est un virtuose. D’autre part, les musiciens de Barenboïm sont issus de la diaspora juive et ne vivent pas dans les Territoires palestiniens. Ils ne jouent
pas non plus leur propre musique mais les grandes œuvres occidentales. Par ailleurs, chacun est venu avec son propre répertoire. Ils ne jouaient pas tous ensemble mais ils se succédaient sur la
scène qui faisait alors office de trait d’union. La musique était le vecteur de leur rencontre. L’objectif des concerts était de faire connaître leurs diversités musicales ensemble. Toute la
nuance et l’intelligence du projet se situent dans ce principe de départ. Ce n’est que maintenant qu’ils expriment le désir de faire évoluer les choses sur scène et de jouer ensemble. La scène
devient alors le reflet des coulisses.
Dans quel état d’esprit les musiciens sont-ils repartis ?
Il y a eu une scène surréaliste que je n’ai pas mise dans le film, les musiciens partaient dans des directions différentes en fonction des avions qu’ils avaient à prendre. Ils sont tous tombés
dans les bras les uns des autres, Juifs-Arabes-Musulmans-Chrétiens-hommes-femmes-prêtre-rabbin... Leurs accolades me fascinaient car elles étaient le résultat de 20 jours de vie commune et
l’expression de la liberté. Pour ceux qui pleurent leurs défunts, je comprends que cette image puisse être insupportable. J’ai préféré finir la tournée sur un acte identiquement libre, lorsqu’ils
dansaient ensemble devant les ovations du public. Il y a eu le retour à la réalité qui a été terrible... La tournée à été difficile pour eux. Elle marque de façon indélébile leur manière de
s’appréhender mutuellement. Ce n’est pas moi qui le dis lors des échanges que nous avons encore maintenant. Après avoir vu le film : "Merci de nous montrer comme des gens normaux..."
Le film a-t-il une résonance particulière aujourd’hui ?
Les derniers bombardements de Gaza ont dramatiquement marqué l’opinion publique. Dramatiquement, les images que nous avons vues n’ont malheureusement fait que renforcer les clivages de toutes
sortes. On assistait au décompte laconique des morts et puis on s’insurgeait le lendemain avec ses collègues de bureau... Tout le monde avait la rage et aucune solution n’était abordée. Je
m’entendais dire au téléphone par les unités documentaires de France TV que mon sujet ne concernait pas la société française, c’était grotesque. Nous sommes donc comparables au public
des arènes romaines, la main levée, invités après le carnage à quitter les lieux. Pas étonnant qu’il y ait ensuite des réactions stupides de la part de gens qui ne savent même pas que Judaïsme et
Sionisme sont 2 choses différentes.
Le poids des morts a pour seul mérite de rendre + difficilement supportable celui de sa propre ignorance et de son inaction. + de gens recherchent d’autres axes de réflexion face à la confusion
que sème l’importation du conflit en France. Nous sommes directement liés à ces territoires. Il devient prétexte à la division. Il existe donc aujourd’hui un réel besoin de créer le débat sur des
bases constructives. La TV nous abandonne avec des images de terreur dans la tête. La véritable nature de l’Homme se révèle dans son combat pour sa dignité. Pour notre équilibre moral il nous
faut ces images-là aussi. C’est pour cette raison que nous nous sommes tant investis dans la réalisation de ce film. C’est aussi pour cette raison que j’envisage une suite. Le film raconte la
naissance d'une aventure qui se poursuit en ce moment avec d’autres concerts. Cela permet de poser + précisément la question des retombées individuelles et collectives d'un tel projet dans le
temps.
Ce projet vous a-t-il enrichi personnellement ?
Je suis tombé sur un article écrit autour de la question suivante : le défi majeur du XXIe siècle ne sera-t-il pas de passer d’une culture de guerre et de violence à une culture de paix et de
non-violence ? Je pense que c’est précisément la raison pour laquelle l’Art tient une place importante dans la construction de la paix. L’Art nous ouvre sur l’utopie sans laquelle il y aurait peu
d’espoir. Quelqu’un m’a parlé du philosophe Emmanuel LEVINAS (1906-1995) en me donnant cette autre citation : "Le
visage est signification". Cette phrase me plaît car elle raconte le film dans son absolu. Le solfège est l’un des seuls langages universels au Monde. La musique permet d’appréhender le
visage de l’autre comme appartenant à la même nature. Maya SHAVIT nous dit dans le film : "on ne peut plus le bombarder". Tout est dit. Cette expérience m’a fait prendre conscience de
cette dimension de l’Art.
LES INTENTIONS DE REALISATION
UN DOCUMENTAIRE DE CREATION
Le documentaire dit "de création" est une rencontre entre un sujet et un auteur. L’histoire de la tournée D’une seule voix racontée dans un documentaire de ciné permet de sortir de
l’événementiel et du sensationnel pour apporter un autre regard sur l’actualité. Le film évolue en toute liberté, sans cadre éditorial imposé par une chaîne de TV. Il ne s'attache qu’au spontané
des situations en y cherchant un sens. Il créé une alternative par rapport au genre + convenu du reportage ou + superficiel des mags et des documentaires "à audience". Il créé aussi une
alternative par rapport à l’info que donnent les médias sur le Monde. Le côté factuel du journalisme est remplacé par une vision personnelle de la réalité.
Fait dans la durée, le film raconte une histoire vraie à la manière d’une fiction.
L'ART COMME TRAIT D'UNION
Des rencontres
improbables
La musique possède le pouvoir unique de créer le dialogue.
En France, les musiciens passent des journées entières ensemble. Le "bon sentiment" est mis à l’épreuve au fil des jours. C’est justement l’occasion pour eux d’échanger des points de vue et
d’évoluer sur la perception de "l’autre".
La résonance du conflit israélo-arabe va bien au-delà du contexte géopolitique dans lequel il s’inscrit. Il fait partie de notre vie quotidienne. L’émotion qui s’en dégage est forte.
La
Musique
Un langage
universel
La musique véhicule parfaitement une intention universelle comme le désir de paix. Par un langage qui va au-delà de l’intelligible, la musique peut s’ériger en contre-pouvoir face à l’adversité.
Les musiciens ont la faculté de nous projeter instantanément dans l’universalité de l’idée de paix.
La Virtuosité comme un
avant-goût de la paix
Le projet musical de Jean-Yves repose sur le talent des musiciens qu’il a sélectionné. Il faut une interprétation pure. Cette pureté fait vibrer les sens et calme les rancunes. Elle est la
métaphore de l’état de paix intérieure et extérieure que chacun recherche.
Même un "ennemi" peut être digne d’admiration rien que pour sa virtuosité. C’est donc donner un avant-goût de paix que de lui permettre de se produire sur scène.
La Scène musicale comme un
espace de fraternité
Ces communautés se sont longtemps nourries des mêmes héritages et atmosphères sonores présentes autour de la Méditerranée. Il est donc cohérent de faire jouer sur une même scène des musiciens qui
vivent dans cette région du Monde. Mais il est beaucoup + exceptionnel d’en faire un lieu de rassemblement pour recréer des liens qui ont totalement disparu.
"Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le Monde". Etre ensemble sur scène est déjà une 1er image du changement.
La Diversité qui
s'assemble
Ici la diversité est montrée comme une complémentarité. Les différents groupes ne jouent pas ensemble mais se succèdent sur scène. Respecter leurs différences, tel était l’objectif de
Jean-Yves. À travers les répertoires sacrés ou profanes, les résonances hébraïques, latines, nous voyageons dans l’espace et dans le temps. La diversité des origines permet à chacun de
s’enrichir de l’autre.
Le
Témoignage
Le souhait de ces artistes est de dire chez eux et à l’étranger que les terroristes et les chars d’assaut n’auront pas le dernier mot. Le public français est pris à parti. Devant leurs yeux, se
dévoile un témoignage qui n’a pas d’autre prétention que de donner un exemple concret de travail en commun.
Ils sont aussi engagés, certains d’entre eux ont servi Tsahal ou sont passés par les rangs de l’armée palestinienne. Cela ne les empêche pas de prendre des distances avec leurs
expériences de guerre et de parler de paix.
LES PROTAGONISTES
L'ORGANISATEUR DE LA TOURNEE
Jean-Yves LABAT DE ROSSI
Sa vie ressemble à un roman. Jean-Yves LABAT DE ROSSI a connu de grandes heures.
Il fréquente Woodstock et mène une vie "sex, drug and rockn’ roll".
Et la musique deviendra une arme contre la
guerre.
Il
réussit l’exploit de reformer en pleine guerre la chorale éclatée de Sarajevo – de Croates et de Bosniaques – et de les faire chanter dans la cathédrale alors que la mitraille sévit tout autour.
Il pousse l’audace jusqu’à organiser l’évasion des choristes de la ville assiégée afin de les faire chanter en France.
Sarajevo le laisse brisé. Il revient avec un terrible sentiment de frustration. Il ne lui reste que des visions récurrentes de l’horreur dont l’Homme est capable. Il se retire alors de la
société. 7 années au terme desquelles un reportage sur le siège de La Nativité à Bethléem réveille de + belle son activisme "pour la paix".
Maintenant le Proche-Orient et toujours la musique comme un manifeste pour la paix.
Ce qu'il pense du film
"C'est un témoignage unique, qui retrace avec force et vérité ce que fut cette incroyable
aventure, au delà.
En nous permettant de pénétrer les
coulisses, le film éclaire d'une
nouvelle lumière la situation au Proche-Orient et l'état des consciences des parties respectives.
Ce film touche le coeur et éveille les
esprits."
Jean-Yves LABAT DE ROSSI
LES MUSICIENS
Haggy (Juif israélien) - Jerusalem Oratorio Chamber
Choir
Haggy est chef de choeur du Jerusalem Oratorio Chamber Choir qui réunit 26 chanteurs. Le Jerusalem Oratorio est le + grand ensemble choral d'Israël. Les membres adultes du
choeur interprètent un grand oratorio. Ils ont ainsi interprété des oeuvres de Johann Sebastian BACH (1685-1750),
Antonio VIVALDI (1678-1741), Ludwig VAN BEETHOVEN (1770-1827),
Gioacchino ROSSINI (1792-1868), Gabriel FAURE (1845-1924),
Francis POULENC (1899-1963), le Jerusalem Oratorio Chamber Choir constitue le noyau du Jerusalem Oratorio. Il
a représenté Israël au sein de plusieurs festivals internationaux. Il s'est également produit sur des scènes prestigieuses, le festival Liturgica de Jérusalem ou le Festival de musique
vocale d'Abu Gosh. Le répertoire de ce choeur s'étend d'oeuvres de la Pré-Renaissance jusqu'à des oeuvres contemporaines.
Atef (Musulman palestinien) - Ensemble musical de
Palestine
Atef est le directeur musical de l'Ensemble musical de Palestine. Cet ensemble est le 1er orchestre professionnel palestinien. Il s'est fixé comme objectif de réunir les meilleurs musiciens de la
Bande de Gaza. Il se consacre particulièrement au répertoire de la musique traditionnelle palestinienne. La tournée D'UNE SEULE VOIX sera la 1er et la dernière occasion de se produire
hors de Palestine.
"Depuis ma naissance, je ne peux même plus sortir de Gaza. Je fais depuis quelque temps le même rêve. On est tous fatigués du conflit. La situation des Israéliens n'est pas enviable non
plus. [...] Tous les soirs j'appelle ma femme pour savoir si tout va bien, on parle ici un langage qui efface la politique. On joue ensemble, on dort ensemble. Et avoir de
l'espoir."
Mohammedatef OKASHA
Témoignage de Jean-Yves LABAT DE ROSSI et d'Anne DIEUMEGARD :
"Une nuit de janvier 2009, directeur musical de l’ensemble musical de Palestine nous appelle pour nous dire adieu : il ne pense pas survivre à cette nuit de bombardements.
"Quoi qu’il m’arrive : continuez D’une seule voix".
Atef est heureusement toujours en vie et a participé au concert de Malte en février 2009... Serions-nous capable d’une telle force d’esprit ?"
Nabil (Arabe palestinien, Chrétien)
Nabil est le violoniste et directeur du groupe Karawan d'Ibillin. Le groupe interprète des chants traditionnels orientaux de répertoires anciens et classiques dont il ranime la mémoire.
Karawan interprète également des chants de sa propre composition, mêlant ainsi différents styles musicaux.
Limor (Juive israélienne) - groupe Ashira
Limor est la chanteuse du groupe Ashira composé de musiciens juifs et arabes israéliens. La rencontre entre les cultures juive et arabe et la diversité des styles sont la marque
d'Ashira. L'ensemble s'est produit dans le cadre du Festival ethnique de Jérusalem, au Théâtre arabo-hébraïque de Jaffa. Doron SHALOM et Limor AZARIAH s'inspirent pour leurs compositions
des souvenirs des prières de leur enfance, à travers des adaptations extrêmement poignantes et empreintes de mysticisme.
"Je suis sûr que personne n'a la même position. Nous sommes là pour la musique avant tout, c'est aussi l'occasion de découvrir la musique palestinienne".
Eitan REFUA
"Je ne crois pas que nous allons changer le Monde avec cette tournée. Notre idée est qu'on va partager notre art pendant quelques semaines, jouer ensemble".
Limor AZARIA
Le Choeur d'enfants de Taybeh (Chrétiens palestiniens) et le choeur Efroni (Juifs
israéliens)
16 ados sont réunis pour la 1er fois à l'occasion de cette tournée.
Le Choeur
d'enfants de Taybeh
Situé à 30 km au nord de Jérusalem, Taybeh est un village palestinien de 1500 habitants, une chorale d'enfants et de jeunes a pris son essor depuis 6 ans environ. Filles et garçons se réunissent
chaque semaine pour préparer l'animation de l'Eucharistie dominicale. Les pèlerins de passage à Taybeh sont toujours émus d'entendre leurs voix et il n'est pas rare que la chorale soit
sollicitée.
Le Choeur
Efroni
Le chœur Efroni est quant à lui composé de jeunes filles juives israéliennes. Elles sont âgées de 12 à 18 ans et sont principalement issues de milieux ruraux et de kibboutz. Son
répertoire comprend des chants traditionnels juifs aussi bien que des œuvres écrites pour le chœur par des compositeurs israéliens contemporains. Le choeur s'est notamment produit à l'occasion de
la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix en 1994.
Eti et Saz (Juive et Arabe israéliens)
Dès son + jeune âge elle n’a vécu que pour la musique. En tant que "wonder girl", elle chante à l’occasion d’événements culturels. Elle a également chanté pour l’Armée lors
de son service militaire. Elle continue à chanter et accompagne des vedettes israéliennes telles que Yoram GAHON et Dana
International (1972-...). Elle est notamment connue pour avoir fait partie de Hamsa, extrêmement populaire. Elle est aujourd’hui une artiste confirmée.
Sameh ZAKOUT est né et a grandi dans un quartier pauvre et défavorisé de Ramle. Il a fait ses études à
l’école de la paroisse de Santa-Terra. Sameh a décidé de lutter par la musique : il a commencé à se produire dans des petits clubs. Il a depuis pris part à plusieurs tournées
internationales en France, USA... Les difficultés quotidiennes que rencontre Sameh sont évoquées dans ses chansons qui traitent des problèmes politiques.
Eti et Saz ont enregistré le CD Master Peace.
"On s'est rencontrés il y a 2 ans. C'était la 1er fois que j'allais chez un Arabe. Il a fallu oublier tout ce qui nous sépare, les miens perdus. On a fait un album ensemble.
Peut-être que notre musique changera ce que les politiques ne pourront pas changer."
Eti CASTRO
Hezy LEVY
Hezy LEVY a débuté son éducation musicale par des études de guitare classique. Il a fait partie de l’unique chœur professionnel israélien et se produit aujourd’hui comme soliste dans des
festivals, il entend renouer avec l’ancienne tradition des troubadours. Son répertoire s’étend des sonorités occidentales - Renaissance et classique - à celles de l’Orient.
Janet ROTHSTEIN
Janet ROTHSTEIN-YEHUDAYAN est née à Téhéran et a immigré en Israël à l’âge de 14 ans. Son répertoire se consacre exclusivement à la musique d’origine persane, classique ou traditionnelle. Elle a
participé à de nombreux festivals en Israël (Jaffa nights, Acre...).
Kheiro Mustafa SHAALAT
Originaire de Galilée, il est considéré comme l’un des + grands joueurs d'oud de sa génération. Il réside aujourd’hui à Nazareth. Kheiro Mustafa SHAALAT a appris à jouer du oud
à l’âge de 10 ans avec son père. Il s’est ensuite perfectionné auprès de grands instrumentistes qui lui firent découvrir toutes les subtilités du taqsîm (genre musical très apprécié au
sein de la culture traditionnelle du Proche-Orient). Il se produit au sein du groupe Karawan. Son style très personnel, son sens inné de l’improvisation conjugué à la dynamique
extraordinaire de ses interprétations en font aujourd’hui un musicien et un instrumentiste de renom.
Révérend Goussan ALJANIAN
Le révérend Goussan ALJANIAN est né à Sassoun. Son éducation élémentaire s’est déroulée en Turquie, il se rend à Jérusalem pour poursuivre ses études au séminaire du Patriarcat arménien. Il est
ordonné prêtre en 1983 et prend comme nom Goussan. Il a enseigné la musique liturgique et a dirigé les chants liturgiques de la cathédrale St. James. La musique arménienne a toujours fait partie
de sa vie. Ténor lyrique soliste à la cathédrale St. James du Patriarcat arménien de Jérusalem, il met particulièrement en lumière l’essence mystique et spirituelle de l’art musical arménien.
Depuis 1992, le révérend Goussan a activement participé à de nombreux concerts et à des festivals religieux d’un bout à l’autre d’Israël. Il s’est aussi produit avec l’orchestre symphonique
Ra’anana.
Un excellent documentaire, très humain ! Le montage est très efficace, puisqu'on ne
s'ennuie pas une seconde et qu'une véritable histoire se déroule sous nos yeux, jusqu'à nous faire vraiment partager et vivre les émotions de ces cobayes de la paix. Pratiquement de la TV
réalité... sauf que là... c'est LA réalité ! Je trouve tout mignon (et il l'est d'ailleurs), mais aussi très révélateur par sa franchise, l'évolution de l'état d'esprit du seul garçon du choeur
Efroni-Taybeh (le pauvre, tout seul au milieu de 15 filles...). Alors, 20 ans après la chute de cet ancêtre berlinois, si les murs ont des oreilles et que la musique adoucit les
moeurs... que la Paix vienne enfin sur ces 2 Etats et fasse voler en éclat cette ignoble fausse note pointée qu'est ce Mur de la honte, condamné par le TPI et l'ONU... mais au moment où j'écris,
l'Israël de l'extrême-droite sioniste redouble ses efforts en matière d'expansion des colonies (uniques au Monde rappelons-le...) et Mahmoud ABBAS (1935-...) se prépare à se retirer de la vie politique palestinienne, sûrement bien las de cette situation, tant face au Hamas que face à ce gouvernement israélien
actuel va-t-en guerre, qui nous plongera peut-être même prochainement dans un inextricable merdier international en s'en prenant à l'Iran, merdier qui explosera cette fois jusqu'à nos banlieues,
surtout avec un Sarko, homme de la désunion des Français par excellence... Au passage, puisqu'il paraît qu'il nous faut trembler pour notre identité nationale, ce film nous montre bien qu'une
identité s'enrichira toujours à s'imprégner de l'Autre plutôt qu'à se replier sur elle-même ! Français je suis par naissance, mais québécois je suis de coeur et de mentalité... mais à défaut,
européen je suis avant d'être français et finalement, citoyen du Monde je resterai à jamais ! Tout cela à cause de concepts de frontières propres aux hommes... du moins à l'opposé total du
marquage du territoire des animaux : si ces derniers marquent leur domaine pour en chasser leurs pairs mais y laisser vaquer ceux qui ne leur ressemblent pas (surtout s'ils sont bons à bouffer),
l'Homme se crée des frontières pour se grouper entre ses semblables et en chasser ceux qui leurs sont "différents" (du moins ne les mange-t-on pas comme nos amis les bêtes... quoique ?).
Rappelons que Sarko, non content de ramener à l'abattoir les petits veaux afghans ou autres, se pique dorénavant d'imposer son "modèle" à l'UE... je sais, les journaux sont loin d'en avoir fait
les gros titres. Espérons : shalom à tous les Palestiniens de bonne volonté et salam à tous les Israéliens de cette gauche humaniste muselée par les lobbies !
RECOMPENSES
* Prix Art et Culture au Festival international du journalisme d'Angers (Le Scoop)
* Grand Prix du Festival du film d'éducation d'Evreux
* Prix Autrement Vu des Cinés du Nord-Pas-de-Calais au Festival international du grand reportage d'actualité (FIGRA) du Touquet
*Platinium Award au Festival international de Houston
* Prix du meilleur Documentaire au Festival international de Palm Beach
Durée : 1h28.
Tout sur le film, sur le site officiel !
Dossier pédagogique !
Couac vous en dites